vendredi 16 septembre 2011

Sénégal: plusieurs personnalités mises en cause par WikiLeaks


 Le site WikiLeaks crée l'événement au Sénégal en ce début septembre 2011. Plusieurs Unes de journaux ont été consacrées à des télégrammes diplomatiques américains publiés par ce site internet. Les documents mettent en cause différentes personnalités du régime et notamment le fils du président sénégalais, Karim Wade. Au point qu’un de ses proches collaborateurs a convoqué une conférence de presse pour démentir.

L’un des télégrammes cités par la presse sénégalaise ces derniers jours date de 2008. Le Sénégal est alors en pleine crise financière provoquée par les dépenses extrabudgétaires. Marcia Bernicat, à l’époque ambassadrice des Etats-Unis à Dakar, y décrit comment un système de « paiements injustifiés » s’est mis en place autour de différentes personnalités sénégalaises, système qui selon elle « serait difficile à décrire autrement que criminel et corrompu ». Ce « réseau » a pu conduire, toujours selon le document, à des dépenses irrégulières allant jusqu’à 500 milliards de francs Cfa.

Un autre télégramme a fait couler plus d’encre encore. Il a été écrit en 2009 et vient de l’ambassade des Etats-Unis à Rabat. Il raconte qu’un officier de police de l’aéroport de Casablanca a été brutalement réaffecté à un poste sans responsabilité à Layoune, au Sahara occidental, après avoir arrêté un proche d’un responsable africain en possession de haschich. Et ce proche ne serait autre que Karim Wade, le fils du président sénégalais Abdoulaye Wade, selon le télégramme.
Dans une conférence de presse organisée jeudi 15 septembre 2011, le chef de cabinet de Karim Wade, Bachir Diawara, a contesté la fiabilité des documents diplomatiques publiés par WikiLeaks. Il a également démenti que Karim Wade ait été arrêté avec de la drogue. « C’est de la pure invention, de la pure manipulation, a-t-il déclaré à la presse. Il est saugrenu d’imaginer qu’un ministre d’Etat pourrait être arrêté bagages à la main dans un aéroport. »













mercredi 14 septembre 2011

Affaire Bourgi: difficile enquête en perspective pour la justice

 Le parquet de Paris a ouvert mardi 13 septembre une enquête préliminaire pour entendre l'avocat Robert Bourgi, qui a accusé Jacques Chirac, Dominique de Villepin et Jean-Marie Le Pen d'avoir reçu des fonds occultes de chefs d'Etat africains. Reste que pour cette enquête, le parquet dispose d'une marge de manœuvre pour le moins étroite.

Au terme de cette enquête préliminaire confiée à la brigade financière, le parquet peut décider soit d'ouvrir une instruction et de la confier à un juge si les faits sont avérés, soit de classer l’affaire, si les enquêteurs estiment que les faits sont impossibles à prouver ou qu’ils sont prescrits.
Il faut à ce titre rappeler les allégations de Robert Bourgi. Concernant les fameuses valises de billets remises à Jacques Chirac et à Dominique de Villepin, l’homme de l’ombre de la Françafrique n’a cessé de répéter qu’il n’y avait pas de preuves. Mieux, pour le financement de la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen en 1988, Robert Bourgi fait parler les morts pour étayer ses dires.
« Je n’aime pas faire parler les morts », dit-il, mais « Jean-Marie Le Pen a été reçu par le président Omar Bongo et le président gabonais a accepté de financer sa campagne ». Seulement, sans éléments matériels, ces propos ont réellement peu de chances de prospérer.
Pas le début d’une preuve
C’est la raison pour laquelle la justice n’avait d’autre choix que d’entendre Robert Bourgi. Au risque, sinon de se décrédibiliser. Et si jamais Robert Bourgi confirme ses dires sur procès-verbal, les enquêteurs devront nécessairement confronter sa parole à celle de Jean-Marie Le Pen, de Dominique de Villepin et bien sûr de Jacques Chirac. Reste à savoir si Jacques Chirac pourrait répondre aux questions des enquêteurs, car il est, comme on le sait, victime de troubles de la mémoire.
Il faut également resituer l’ouverture de cette information judiciaire dans le cadre du jeu des chaises musicales qui a lieu en ce moment même au palais de justice de Paris. Le procureur de Paris qui vient d’autoriser cette enquête, Jean-Claude Marin, cède son poste ce vendredi. Il rejoint la cour de cassation, au poste de procureur général. Il se devait d’agir, mais laisse à son successeur, un proche de l’Elysée, le soin de gérer cette boule puante.
Un séisme politique à huit mois de la présidentielle
Une enquête difficile démarre car il n’y a pas le début d’une preuve. D’où provient cet argent, où sont allées ces valises de billets, voilà les questions posées aux policiers…La plus grande incertitude pèse aujourd’hui sur l’issue de l'enquête.
Alors que Dominique de Villepin vient d’être relaxé définitivement dans l’affaire Clearstream, l’ex-Premier ministre dit voir dans ces accusations un moyen de maintenir la pression sur lui. A la sortie du palais de justice, Dominique de Villepin a ainsi annoncé  vouloir croire que « cette décision contribuera à rendre notre vieux pays moins vulnérable à la rumeur et la calomnie, qui ne méritent que du mépris ».
L'affaire Clearstream a donné lieu à un affrontement sans précédent au plus haut niveau de l'Etat. A en croire Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy promettait en privé de pendre les responsables à un « croc de boucher ».
A huit mois de l’élection présidentielle, les accusations portées par Robert Bourgi, qui est un proche de l’Elysée, pourraient bien relancer la guerre que se livrent depuis six ans les deux grands rivaux de la droite française.

mardi 30 août 2011

L’Algérie justifie l'accueil des Kadhafi

L'Algérie a autorisé l'entrée sur son territoire de trois enfants et de l'épouse du chef libyen en fuite Mouammar Kadhafi "pour des raisons strictement humanitaires", a déclaré aujourd'hui le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Amar Belani. Il n'a pas précisé  où se trouvaient les trois enfants entrés en Algérie, Aïcha, Mohamed et Hannibal, ainsi que Safia, la seconde épouse du dirigeant libyen, ni répondu directement sur la question de la demande formulée par le Conseil national de transition libyen (CNT) de leur retour en Libye.

Aïcha, enceinte, "était à terme et devait accoucher Incessamment", a déclaré  une source gouvernementale, et expliquant que, "sur le plan humanitaire il aurait été difficile de lui refuser l'entrée" en Algérie. "Elle a en fait accouché à la frontière", a indiqué aujourd'hui le patron du quotidien Ennahar Anis Rahmani, citant des sources sûres et son état de santé est jugé "critique". Il n'a pu obtenir de nouvelles sur le bébé.

A l'annonce par le ministère des Affaires étrangères algérien hier de l'arrivé de la famille Kadhafi en Algérie, un membre de l'exécutif du CNT, Mohammed al-Allagy, avait déclaré : "Nous allons demander à l'Algérie de les ramener" en Libye.

Le porte-parole du gouvernement rebelle Mahmoud Chammam a déclaré lundi soir que le CNT avait été informé par Alger de leur arrivée. "Nous demandons à tous les pays de comprendre que sauver la famille de Kadhafi n'est pas un acte que nous saluons, ni ne comprenons", a-t-il déclaré. "Nous voudrions que ces personnes reviennent", a-t-il réitéré. "Nous garantissons un procès juste, ils sont accusés d'avoir commis des crimes de différents types, nous leur donnerons le bénéfice du doute", a-t-il conclu.


 







mercredi 24 août 2011

Les pro-Kadhafi en mesure de fabriquer une bombe sale, selon un ancien de l'AIEA

 

Les pro-Kadhafi sont en mesure de fabriquer une bombe sale avec des résidus d’uranium et de matériaux nucléaires. C’est un ex-directeur des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui l’affirme ce mercredi 24 août, dans un commentaire posté sur Internet et repris par l’agence Reuters. Toutes les composantes de l’ancien programme clandestin du régime n’auraient pas été détruites.

Le danger pourrait venir de Tajoura, en banlieue de Tripoli, des stocks en grande quantité de radio isotopes, de déchets radioactifs et d’uranium légèrement enrichi sont encore entreposés dans un ancien centre de recherche nucléaire.

En 2003, Mouammar Kadhafi a renoncé à son programme atomique clandestin, sous la pression de la communauté internationale. Depuis, l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) évacue petit à petit les éléments que des filières nord-coréenne et pakistanaise avaient fournis au leader.
Selon l’ancien directeur des inspections de l’AIEA, l’agence n’a pas eu le temps de tout faire sortir de Libye.

Une information précieuse pour le CNT
Le Finlandais Olli Heinonen connaît bien le dossier libyen pour l’avoir géré lui-même, avant son départ, l’année dernière. Il affirme que si les matériaux de Tajoura tombaient entre de mauvaises mains, ils pourraient être utilisés pour fabriquer une bombe sale, un mélange de dynamite et des matériaux radioactifs.
Une telle bombe aurait des conséquences limitées pour la vie des Libyens.  

Mais elle pourrait terroriser la population, semer le chaos dans les rangs des rebelles. Olli Heinonen estime que le Conseil national de transition doit rapidement sécuriser le site de Tajoura.

Rfi.fr

 


lundi 22 août 2011

En Libye, Kadhafi et ses troupes contrôlent encore de 10 à 15 % de Tripoli
















La bataille de Tripoli fait toujours rage. De violents combats se déroulent autour de la résidence de Bab al-Aziziya où serait retranché le dirigeant libyen. Les rebelles ont pris dimanche, 21 août 2011, le contrôle de plusieurs quartiers de la capitale et ont investi la place Verte, ce lieu symbolique où les partisans du régime avaient coutume de se rencontrer. La situation sur le terrain à Tripoli est toujours extrêmement mouvante.

Les forces kadhafistes ne contrôleraient plus que 15 à 20% de la ville selon le ministre des Affaires étrangères Italien Franco Frattini. Seule la zone du complexe de Bab al-Aziziya, la résidence de Mouammar Kadhafi, est encore totalement aux mains des forces loyalistes, annoncent les rebelles. Le colonel est probablement retranché dans l'un des nombreux bunkers de sa résidence. Le complexe de plusieurs hectares a été violemment bombardé par l'Otan et les principaux bâtiments ont été rasés.

Des combats extrêmement violents sont en cours dans cette zone et ils montent en intensité depuis le début de la matinée de ce lundi 22 août ce qui pourrait indiquer que les rebelles sont déterminés à mener l'assaut jusqu'au bout.
Tireurs embusqués
Des affrontements ont également lieu dans d'autres endroits de la capitale où des tireurs embusqués favorables au régime sont toujours présents sur les toits de plusieurs immeubles. Ces snipers obligent les rebelles à progesser maison par maison.

Dans le sud de la ville près de l'hôtel Rixos où est rassemblée la presse internationale, des tirs à l'arme lourde et légère sont entendus. L'hôtel est entouré de soldats pro-Kadhafi en armes. Les combats auraient aussi repris près de la place Verte, prise par les insurgés dans la nuit de dimanche à lundi.
Par ailleurs, des témoins ont fait état d'affrontements dans plusieurs quartiers du centre-ville, notamment du côté du port. L'aéroport de la ville serait lui désormais totalement contrôlé par les rebelles.

En dehors de la capitale, les affrontements se poursuivent également sur le front de Brega, à l'est de la Libye : la rébellion invite les pro-Khadafi à déposer les armes et à se retirer vers Ras Lanouf puis Syrte.
Enfin, selon la chaîne Al-Arabiya, citant des sources rebelles, une brigade dirigée par Khamis Kadhafi, un des fils du Guide libyen, se dirige vers le centre de Tripoli. S'agit-il d'un baroud d'honneur désespéré ou véritable contre-attaque ? Il faudra attendre encore un peu pour le savoir.


samedi 20 août 2011

Ce que la justice ivoirienne reproche à Laurent et Simone Gbagbo


 
 Jeudi, la justice ivoirienne a inculpé Laurent et Simone Gbagbo pour "infractions économiques", alors qu'ils sont assignés depuis quatre mois à résidence. Une procédure qui dévoile un peu plus l’avenir judiciaire de l’ex-couple présidentiel.


"Des infractions économiques" : Laurent et Simone Gbagbo savent désormais à quoi s'en tenir. Quatre mois après leur arrestation et assignation à résidence surveillée, aucune charge n’avait encore été retenue contre l’ancien couple présidentiel. C’est donc chose faite depuis jeudi soir, après que le procureur d'Adidjan a annoncé l’inculpation et la mise en détention de l’ex-président et de son épouse, venant clarifier pour la première fois leur statut juridique.

Au total, cinq chefs d’accusation pèsent sur eux : vol aggravé, détournement des deniers publics, concussion (ou malversation), pillage et atteinte à l’économie nationale. Des "infractions économiques" donc, comme les a qualifiées le procureur Simplice Kouadio Koffi. Celles-ci ne couvrent que la période post-électorale, soit celle courant du 28 novembre 2010, date du second tour de la présidentielle, au 11 avril 2011, jour de l’arrestation de l’ex-président. Elles visent notamment les attaques contre le secteur bancaire, au plus fort du bras de fer économique entre les camps Gbagbo et Ouattara, qui précéda la 
confrontation armée.

Laurent Gbagbo risque la perpétuité
Contacté par France 24, Me Hervé Gouamené, l'un des avocats de l’ex-chef de l’État ivoirien, explique qu’il ne connaît pas encore les faits liés à chacun des chefs retenus contre son client. "Le procureur s’est contenté de citer les textes de loi sans donner des détails sur les faits", a-t-il déclaré. Et de rappeler : "Comme pour une trentaine de proches de Laurent Gbagbo déjà inculpés, nous devons attendre la phase des interrogatoires pour savoir sur quoi reposent exactement ces cinq incriminations."

De ces charges retenues, la loi pénale ivoirienne en érige deux en "infractions contre les devoirs de leurs fonctions commises par le fonctionnaire". Il s’agit du détournement des deniers publics et de concussion, avec à la clé une possible peine d’emprisonnement de dix ans maximum pour chacune. Sans oublier d’importantes amendes.

Si l'on ajoute deux années de prison encourues pour atteinte à l’économie nationale et surtout la prison à vie pour "les auteurs de tout pillage", l’addition pourrait être particulièrement salée pour l’ancien chef de l’État et son épouse.
Les crimes du sang en attente

Le feuilleton judiciaire ne fait que commencer. A la demande du nouveau président Alassane Ouattara, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo, a demandé fin juin aux juges de l'instance l'autorisation d'ouvrir une enquête sur "les crimes qui auraient été commis en Côte d'Ivoire" lors de la crise post-électorale.

Pendant cette période, "au moins 3 000 personnes ont été tuées, 72 ont disparu et 520 ont fait l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires", rapportent les documents rassemblés par le bureau du procureur de la Cour, qui font également état de "plus de 100 cas de viols". Des crimes de sang commis par les deux camps en conflit et qui pourraient donc, bientôt, faire l’objet d’enquêtes menées par la juridiction internationale.

Relance du dialogue intertogolais: L’Anc est devenue manichéenne

Presque une semaine après la nouvelle offre de dialogue du Rpt au reste de la classe politique togolaise, l’Anc de Jean-Pierre Fabre reste inflexible sur ses positions. Pour ce parti, pas de retour de ses 9 députés exclus au Parlement, pas de discussions politiques. Même si ces « opposants radicaux » ont indirectement ouvert une brèche de compréhension du mal togolais.

Dans une sortie médiatique datée de ce 18 août 2011 à Atakpamé (vers le centre du Togo), l’Anc a réaffirmé ses célèbres « préalables » à l’enclenchement de toutes nouvelles discussions avec le pouvoir de Lomé.

« (…) Il est tout à fait inacceptable à un parti dont les élus sont révoqués de leur mandat parlementaire, en violation de la Constitution, de prendre part à un quelconque dialogue avec les auteurs d’une telle forfaiture, sans le rétablissement préalable de ces élus dans leurs droits », brandissent de nouveau le parti issu de l’Ufc.

« L’Anc réitère fermement ses préalables, contenus dans sa lettre réponse adressée au Chef de l’Etat le 25 février 2011, pour discuter utilement, franchement et sereinement, du règlement du contentieux de l’élection présidentielle du 04 Mars 2010, de la réforme des institutions de la République (Cour Constitutionnelle, Cour des Comptes, Cndh, Haac, Ceni, etc.), de la préparation des prochaines échéances électorales et de la gouvernance du pays », poursuivent-ils dans le même sens.

Du non au oui chez les pros Fabre…

Toutefois, dans le même communiqué, le parti « des Oranges » réaffirme qu’il n’entrevoit pas la fin de la crise politique locale sans un dialogue. « L’Anc est ouverte à toute discussion approfondie qui offre des gages d’équité, de crédibilité et de sincérité permettant l’adoption consensuelle des réformes politiques indispensables et la mise en place des différentes structures qui seront chargées de conduire ces réformes », soulignent M. Fabre et les siens.

Presque encore de l’immobilisme politique en perspective…