jeudi 15 mars 2012

Les 10 pays africains les plus corrompus

D’après un rapport de Transparency International, les pays africains sont énormément touchés par la corruption. Nombreux sont ceux qui stagnent au fond du classement:. Parmi eux, la Somalie touche le fond.Transparency International (TI) a publié ce rapport en décembre 2011 qui classe 185 pays en fonction de la perception de la corruption. Elle a établi le classement IPC (Indice de Perception de la Corruption) grâce aux données de dix-sept études provenant de treize institutions indépendantes.
L’ONG a attribué des notes de 0 à 10, 0 étant le plus faible niveau d’intégrité des pays. La grille de critère est ciblée: accès à l’information, renforcement des lois anti-corruption, pots-de-vin au cours d’acquisitions publiques, corruption officielle… Transparency International insiste bien sur le fait qu’elle ne mesure pas la corruption mais sa perception.
Les dix pays africains les plus corrompus sont classés dans les vingt-cinq derniers du classement.

10 – Zimbabwe

Avec un indice de le Zimbabwe est l'un des pays qui a le plus régressé avec une chute de vingt places par rapport à l'année précédente. L'instabilité du pays, l'inefficacité du système judiciaire sous la pression du pouvoir exécutif, le manque de transparence, le non-respect des droits des femmes, les listes électorales gonflées de centenaires décédés, la corruption est omniprésente et sévit à tous les niveaux. En 2009, un rapport commandé par l'ONU intitulé Zimbabwe, les diamants et le mauvais côté de l'histoire est publié. La corruption et le non-respect des droits de l'homme y ont été dénoncés. Les troupes militaires ont pris le contrôle des mines, chassé les mineurs et forcé la population locale à y travailler. Un embargo sur les diamants a été érigé puis levé en 2011. Ces «diamants de sang» continuent de se vendre sur les marchés. 
D'abord Premier ministre en 1980, Robert Mugabe a été élu président du pays en 1987. Depuis, il conserve durement sa place de leader. En 2008, il perd la majorité parlementaire mais réussi à conserver son poste avec le retrait de son opposant Morgan Tsvangirai, sous pression. Alors même que la pauvreté et le choléra ravage le pays, Mugabe ne lésine pas sur les moyens pour se faire plaisir, 750.000€ pour ses 88 bougies. Et à chaque anniversaire, ses partisans n'hésitent pas à collecter quelques dons de la part des entreprises.

9 – Guinée

En 2006, c’était le pays le plus corrompu d’Afrique et le quatrième du monde selon le classement IPC. Depuis, d’autres pays se sont incorporés au classement et la Guinée stagne toujours entre la 160ème et la 164ème place. Malgré tout, son indice a augmenté et se tient aujourd’hui à 2,1 point, toujours loin derrière le Botswana, premier pays africain avec 6,1/10.

8 – Angola

Ex aequo avec le Tchad, la RDC et la Libye, l’Angola tient la 168 ème place. Après 27 ans de guerre civile, la corruption est ancrée dans tous les domaines. En 2011, 70% de la population survivait avec moins de 2€ par jour. Pourtant, l’Angola est l’un des premiers producteurs de pétrole et Luganda, sa capitale, l’une des plus chère à vivre. José Edouardo Dos Santos est au pouvoir depuis plus de 30 ans, nomme son vice-président ainsi que les membres de la Cour Constitutionnelle, validant les lois. L’un des signes flagrant de corruption est une loi abrogée en 2010. Elle stipule que «toutes les terres appartenant à l’Etat peuvent être attribuées à des particuliers en fonction de projet d’intérêt national».
L’une des figures de la lutte contre la corruption est Raphaël Marques. Ce militant pour les droits civiques et journaliste indépendant, a créé l’ONG Maka Angola pour lutter contre la corruption dans son pays. Il a également réalisé une enquête démontrant comment l’Angola est devenu le site de transactions commerciales douteuses.

7 – Tchad

Bien que la corruption soit encore présente, le Tchad est le seul pays à progresser: il monte de deux rangs par rapport au dernier classement avec le faible score de 2 points. Cependant, tout est loin d’être acquis. Depuis 2011, le gouvernement tchadien a lancé une campagne anti-corruption dirigée par le ministère du Contrôle d’Etat et de la Moralisation. Trois membres du gouvernement sont tombés pour la passation douteuse d’un marché de fournitures scolaires ayant couté 2 milliards de francs CFA, soit environ 3 millions d’euros.
Nouveau rebondissement en cette année 2012. Fin février, le ministre chargé de ce ministère tombe lui aussi pour corruption. Il aurait détourné des milliers de dollars destinés… à la lutte contre la corruption. Arrêté, il nie être responsable de ce détournement. Selon une source policière, Ahmadaye Al Hassan aurait dérobé environ 360 millions de francs CFA, soit près de 550.000 euros.

6 – République Démocratique du Congo

La corruption est profondément ancrée dans la société en RDC. Selon l’économiste congolais Oasis Kodila Tedika, 55% des recettes du trésor public se volatilisent à cause de la corruption. Comme il le souligne, elle s’est inscrite dans les mœurs et touche la population à tout moment du quotidien.
Oasis Kodila Tedika prend comme exemple phare la situation des transports en RDC, conséquence directe de la corruption sur l’économie congolaise. Les taxis et taxis-bus sont contraints de payer régulièrement les forces de l’ordre pour pouvoir circuler : pour un simple contrôle de véhicule ou un droit de passage. 8% des recettes journalières sont prélevées, ce qui constitue une perte pouvant aller jusqu’à 60% de leur revenu moyen. En plus des retombées économiques, ce phénomène influe sur le trafic et crée un déséquilibre sur les transports en commun: embouteillages, contournements d’itinéraires…

5 – Libye

Ce pays est l’unique Etat du Printemps arabe de ce Top 10. Il a perdu 22 places par rapport au classement précédent. Après la chute de Mouammard Kadhafi, les milices ont pris le contrôle de la Libye et torturent en toute impunité. De nombreux villes et villages possèdent leur propre groupe armé. Ces différentes milices s’affrontent pour contrôler les routes et carrefour qui sont de véritable source de revenus. Elles imposent amendes, taxes diverses et droit de passage aux automobilistes. Le Conseil National de Transition élu fin 2011 va devoir faire ses preuves tant dans la lutte contre la corruption que dans l’encadrement de ces milices.

4 – Burundi

Phénomène social très répandu, la corruption s’est infiltrée dans tous les domaines, de la politique à la santé et la confiance dans l’Etat ne cesse de se détériorer. En février 2012, l’Union Européenne a demandé officiellement l’indépendance de la justice au gouvernement burundais. Le militant anti-corruption Faustin Ndikumana a été écroué deux jours avant cette annonce et il a été relâché quelques temps après.
Cette année, le gouvernement a sollicité l’aide de la Transparency International pour lutter contre la corruption. Au Burundi, l’accès au soin est mis à la mal à cause de la corruption. Fin février, le deuxième vice-président Gervais Rufyikiri a recommandé la création de comités de contrôles de l’état de la corruption dans les hôpitaux et au ministère de la Santé publique.

3 – Guinée Equatoriale

Teodoro Obiang Nguema est considéré comme l’un des chefs d’Etat les plus riches au monde. A la tête de la Guinée Equatoriale depuis 1979, il prépare son fils Teodorin à prendre la relève. La famille présidentielle est réputée mondialement pour ses frasques. Ministre de l’Agriculture et des Forêts, vice-président du parti au pouvoir, Teodorin fait l’objet de plusieurs enquêtes de blanchiment d’argent et de corruption aux Etats-Unis, mais aussi en France et en Espagne.
Le Sénat américain soupçonne un détournement de plusieurs milliards de recettes pétrolières nationales transférées sur un compte off-shore contrôlé par Teodoro Obiang Nguema. L’affaire des biens mal-acquis, très médiatisée, a été impulsée par une plainte de Transparency en ce début d’année et le fils du président est encore une fois dans le viseur de la justice. Mi-février, son appartement parisien a été perquisitionné: au total plus de 2.000 m² et de nombreuses œuvres d’arts.

2 – Soudan

Le Soudan a été sectionné en deux officiellement le 9 juillet 2011 avec l’indépendance du Sud-Soudan mais un seul et unique IPC a été calculé. Ravagés par la guerre, ces deux pays souffrent de la corruption. Principalement utilisée par les fonctionnaires, elle affaiblit l’administration et rend le budget laxiste. Aucun accès à l’information gouvernementale n’est proposé au public et les gouvernements se gardent bien de les filtrer.
Seulement une institution anti-corruption a été mise en place dans chacun des pays. Le Sud-Soudan a créé la commission SSACC en 2006. Elle n’avait aucun pouvoir de poursuite mais le gouvernement a assuré qu’elle aurait un nouveau statut courant 2011/2012. Cette année, les généraux de l’armée Sud-Soudanaise ont rencontré la SSACC afin de déclarer leurs revenus et leurs actifs. Les comptes de forces armées n’avaient pas été vérifiés depuis 2005. Un premier pas dans la lutte contre la corruption, reste à savoir si cette enquête portera ses fruits.

1 – Somalie

Ex æquo avec la Corée du Nord, la Somalie prend la dernière place du classement. Plongée dans la guerre civile depuis plus de 20 ans, la Somalie frôle le fond avec une note de 1/10. Le peuple somalien souffre de la famine et les différentes milices, notamment à Mogadiscio, rendent la vie insupportable pour la population. Un groupe d’observation des Nations Unies a affirmé que de nombreuses aides alimentaires ont été siphonnées par différents groupes armés. En janvier 2011, le gouvernement a voulu lancer une campagne anti-corruption dans l’administration sans grand effet. Tant que la situation géopolitique s’aggravera d’année en année, la Somalie ne parviendra pas à se débarrasser de la corruption et sa note continuera de se dégrader (chute de 0,1 point par rapport à l’ICP 2010).


Justine Gonsse



PRESIDENTS-MINISTRES: une nouvelle tendance africaine

Le portefeuille de la Défense dans un gouvernement est stratégique. Cela est évident même dans les pays à démocratie très avancée. L’enjeu de ce département ministériel est encore plus remarquable en Afrique où la construction des républiques est en plein chantier. Le processus de démocratisation y est titubant et son rythme va au gré de l’humeur ou des désidératas des armées encore en phase d’adaptation.

Les hommes en treillis sont donc le plus souvent à la base des chutes de pouvoirs qui se veulent démocratiques ou qui se considèrent comme tels. Les grandes muettes africaines n’hésitent en effet pas à profiter d’un malentendu entre dignitaires des systèmes ou d’une instabilité quelconque pour s’emparer du pouvoir. C’est sans doute pour se prémunir contre ces désagréables surprises que bien des chefs d’Etat du continent noir préfèrent confier le département de la Défense à un proche et fidèle ami, mieux, à un frère, un cousin ou autre parent par alliance. Certaines têtes couronnées africaines, sans doute volontairement séduites par l’adage qui dit que l’on n’est jamais trop prudent, optent de ne faire confiance qu’à elles-mêmes.

Elles s’adjugent ainsi la fonction de ministre de la Défense, qu’elles assument cumulativement avec celle de chef de l’Etat avec tous les corollaires qui l’accompagnent. C’est ainsi qu’en Guinée Conakry, au Burkina Faso et tout récemment en Côte d’Ivoire, les présidents Alpha Condé, Blaise Compaoré et Alassane Dramane Ouattara (ADO) cumulent les nombreuses fonctions de Président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, président du Conseil des ministres, chef suprême des armées et ministre de la Défense.

Les contextes post-crises marqués par des velléités de contestations, de révoltes et de manifestations déterminées et violentes dont l’issue est parfois difficile à pronostiquer, y sont probablement pour quelque chose dans cette propension des chefs d’Etat à s’octroyer des pouvoirs exorbitants. Certes, une approche qui se voudrait provisoire et qui permettrait juste au nouvel homme fort du pays de remettre de l’ordre dans les institutions, pourrait à la limite être tolérable parce que tout de même raisonnable. Mais quand le circonstanciel tend à se pérenniser au point de devenir permanent, il y a quand même de quoi s’inquiéter pour la bonne marche de l’Etat de droit.

Cette nouvelle tendance bien africaine qui fait des présidents des ministres qui sont pourtant censés être nommés par des Premiers ministres eux-mêmes nommés par les chefs d’Etat, manque d’élégance démocratique, de logique et de finesse politique. Elle favorise l’apparition d’une nouvelle race de chefs d’Etat à multiples casquettes. Ces derniers auront du mal à convaincre de leur bonne intention en arguant du caractère stratégique et souverain du ministère de la Défense. D’autres portefeuilles comme ceux de la diplomatie, de la sécurité, du budget et surtout de l’agriculture pour des pays africains sont tout autant primordiaux.

Ceux-ci ne sont pas non plus dépourvus de souveraineté ni de stratégie dans la mesure où aucune indépendance militaire ne peut s’exercer sans une autodétermination alimentaire, sécuritaire et diplomatique, pour ne retenir que ces exemples. Cette évolution implicite d’un régime à dominance présidentielle vers un présidentialisme qui ne dit pas son nom est encore une de ces nombreuses spécificités africaines qui confinent à une incongruité qui s’écarte de la norme universelle. La tendance actuelle dans le monde est à la séparation réelle des pouvoirs et au renforcement des institutions républicaines.

Une évolution positive d’ensemble qui s’accommode mal à la subordination et la concentration de pouvoirs dans les mains d’une seule personne, eût-elle reçu l’onction du peuple. Une pratique qui contribue d’ailleurs à tirer la démocratie vers le bas en ramant à contre-courant du bienfaisant vent du changement qui a enfin commencé à souffler sur les côtes africaines. Cette trop grande prudence dont font montre les présidents-ministres d’aujourd’hui est en outre symptomatique d’une crise de confiance qui prévaut entre eux et leur entourage d’une part et entre eux et le peuple d’autre part.

Un manque de confiance qui ne favorise pas l’avènement d’une bonne gouvernance en Afrique et qu’il faut travailler à restaurer. L’une des promesses de campagne d’ADO est pourtant celle de faire de la séparation véritable des pouvoirs son principe de gouvernance. Aussi avait-il promis, une fois élu, de se délester de sa prérogative de président du Conseil supérieur de la magistrature au profit d’une personnalité qui serait libre parce qu’élue par ses collègues magistrats et non nommée par qui que ce soit.

Le président ivoirien est sans doute plus préoccupé par la réconciliation et la mise en place des structures étatiques. Toutefois, il ne doit pas perdre de vue que le bon fonctionnement des institutions, occupe une place de choix dans la reconstruction d’un pays. Si, une fois son pays stabilisé, il avait le sage réflexe de confier le portefeuille de la Défense à un ministre avec pleins pouvoirs, il aurait montré à ses « aînés » la voie à suivre.



« Le Pays »

lundi 12 mars 2012

En 2007, Kadhafi aurait financé la campagne de Sarkozy

Mediapart révèle le contenu d'une note de synthèse, versée au dossier d'instruction de l'affaire Karachi, qui semble établir que le régime libyen de Mouammar Kadhafi a versé 50 millions d'euros pour financer la précédente campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.
Cette note contient le témoignage d'un médecin, le docteur Didier Grosskopf, ex-médecin personnel de l'intermédiaire en armement Ziad Takieddine.
A plusieurs reprises, Grosskopf a accompagné Takieddine en Libye, où celui-ci déblayait le terrain pour divers contrats et, donc, pour cet éventuel financement. Il l'aurait préparé avec le fils du défunt dictateur, Saïf al-Islam.

« Financement de la campagne totalement réglé »

Le 6 octobre 2005, affirme Grosskopf, le « financement de la campagne » de « NS » (Nicolas Sarkozy) a été « totalement réglé » lors d'une visite officielle de ce dernier, alors ministre de l'Intérieur.
Les 50 millions d'euros auraient transité par une banque suisse non déterminée, ainsi que par une société panaméenne de « BH », soit Brice Hortefeux, qui accompagnait le ministre.
Hortefeux a confirmé à Mediapart sa présence en Libye à cette date, mais dit tout ignorer ce cette société panaméenne.

Saïf al-Islam : « C'est nous qui avons financé sa campagne »

Nos confrères mettent en relation la note avec différents documents de Ziad Takieddine, ainsi qu'avec des déclarations de Saïf al-Islam Kadhafi à la chaîne Euronews, en mars 2011 :
« Il faut que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C'est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler.
La première chose que l'on demande à ce clown, c'est de rendre l'argent au peuple libyen. Nous lui avons accordé une aide afin qu'il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a déçus. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement. »
Emprisonné en Libye depuis la chute de son père, Saïf al-Islam a, jusqu'ici, gardé le silence.

Les dirigeants politiques africains sont invités à avoir plus d'engagement dans la gestion des conflits

Le chercheur béninois, Thibaut Sètondji, enseignant en science politique à l'Université de Cotonou a invité, lors d'un entretien accordé à Xinhua ce dimanche à Cotonou, capitale économique béninoise, les dirigeants politiques africains à avoir plus de détermination et d'engagement dans la gestion des conflits qui s'enflamment à tous azimuts de nos jours sur le continent africain.

"J'exhorte nos dirigeants politiques à plus d'engagement et de détermination dans la gestion des foyers de tensions enflammés actuellement sur le continent pour le bien-être de nos populations", a déclaré le politologue béninois.

Pour le professeur Sètondji, la persistance de la crise malienne et l'apparition de nouvelles menaces à la sécurité des Etats africains et de ses populations, telles que l'insécurité endémique dans la région sahélo-saharienne avec sa cohorte de réfugiés et ses effets collatéraux sur les autres pays comme le Burkina Faso, le Niger sans oublier la République fédérale de Nigeria, la recrudescence du terrorisme et des narcotrafiquants dans certaines régions du continent, la piraterie maritime dans le Golfe de Guinée et au large des côtes somaliennes révèlent, les limites des actions des dirigeants politiques africains.

"Les situations pré et post-électorales dans certains pays du continent sont également des sources d'angoisse et de préoccupation", a-t-il souligné.

Il regrette également que dans d'autres pays comme le Sénégal, la Casamance connaît depuis 1982, une rébellion que les autorités ont eue de la peine jusqu'ici à juguler.

Selon le professeur Sètondji, les pays épargnés directement par les conflits armés internes n'échappent cependant pas aux effets indirects et aux phénomènes de dominos induits par ces conflits.

"A l'intérieur de chaque pays, les tensions connaissent sans exception un niveau d'intensité plus ou moins vif, découlant du degré de la crise économique et sociale ambiante", a-t-il fait remarquer, soulignant que l'Afrique de l'Ouest offre le spectacle d'une zone volcanique avec des foyers en éruption.

Pour le chercheur béninois, ces conflits ont leurs racines dans un substrat économique, social et politique tel que forgé par l'histoire.

"L'examen au cas par cas des conflits ouest-africains montre toute l'importance des facteurs historiques", a-t-il indiqué, ajoutant qu'ils sont le produit d'une longue sédimentation des processus vécus par les formations économiques et sociales.

L'UA condamne les attentats terroristes à Nairobi

L'Union africaine (UA) a fermement condamné dimanche les attentats à la grenade perpétrés à Nairobi, la capitale du Kenya.

Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a présenté les condoléances les plus sincères de l'UA au gouvernement kenyan et aux familles endeuillées.

Le président a souhaité un prompt rétablissement à ceux qui ont été blessés dans l'attentat de samedi soir, au cours duquel au moins six personnes ont été tuées.

M. Ping a également réaffirmé le soutien de l'UA au gouvernement kenyan dans la lutte contre le terrorisme

Il a aussi une nouvelle fois souligné combien l'UA appréciait l'importante contribution apporté par le Kenya à la mission de l'UA en Somalie et aux efforts déployés pour combattre le groupe terroriste des Shebab.

samedi 10 mars 2012

Le Top 10 des Africains les plus riches en 2012

Le magazine américain Forbes vient de publier son classement annuel des milliardaires dans le monde. Le 1er Africain, le Nigerian Aliko Dangote occupe la 76ème place. 

 Cette année, le magazine américain Forbes a répertorié 1.226 personnes pour son classement annuel des milliardaires en dollars dans le monde. Un record pour sa 25ème édition.

Au nombre de 16, les Africains ne constituent qu'un peu plus d'1% des personnalités sur la liste, contrairement aux Américains et aux Chinois qui, à eux deux, représentent les deux tiers des milliardaires de la planète.
Si l'on note quelques changements dans la hiérarchie des milliardaires africains par rapport au classement de 2011, les mêmes pays culminent: le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Egypte.
Classement des 10 milliardaires Africains les plus riches:

10. Patrice Motsepe, Afrique du Sud

A 50 ans, l’ancien avocat en droit minier Patrice Motsepe est le premier et seul noir milliardaire d'Afrique du Sud. Avec 2,7 milliards de dollars (2 milliards d'euros), il est le 442ème homme le plus riche de la planète. Un recul par rapport à 2011 où il était à la 336ème place avec 3,3 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros).
Né dans le township de Soweto, Motsepe débute sa carrière en tant qu’avocat au sein du cabinet Bowman Gilfillan à Johannesburg, puis il achète des puits de mines d’or pour en faire des sites de production rentable, cotés en Bourse (African Rainbow Minerals). Motsepe a également des intérêts dans Sanlam, une entreprise sud-africaine implantée dans le secteur des assurances et des services financiers.

9. Miloud Chaabi, Maroc

Miloud Chaabi, 82 ans, marié et père de 6 enfants, est l'homme le plus riche du Maroc. Il se positionne à la 401ème place mondiale avec une fortune estimée à 2,9 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros). En novembre 2011, il occupait la 6ème position des Africains les plus riches avec 3 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros).
Patron de la holding Ynna et connu pour ses investissements dans l'industrie, l'immobilier, l'agroalimentaire ou encore la grande distribution, il est également impliqué en politique. Allié au parti socialiste, Chaabi est connu pour être l'un des critiques les plus virulents de la corruption au Maroc.

8. Onsi Sawiris, Egypte

Onsi Sawiris, 82 ans est le patriarche de l’une des familles les plus riches d’Egypte. Si sa fortune de 2,9 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros) est restée stable depuis l’année dernière, il a reculé de 8 places dans le classement mondial pour se retrouver au 401ème rang.
Il est le fondateur de l’Orascom Construction Industries, dont ses trois fils gèrent les différents domaines de construction, de télécommunications, de tourisme, de science et technologie et de l’industrie.

7. Christoffel Wiese, Afrique du Sud

A 70 ans, Christoffel Wiese possède une fortune estimée à 2,7 milliards de dollars (2 milliards d’euros). Il est président et important actionnaire de Shoprite, la plus grande chaîne de supermarché à bas prix du continent africain. Il siège également au conseil d’administration de la chaîne de magasins de vêtements discount Pepkor dont il détient 44% des parts.
Le Sud-Africain a également restauré une ferme pour en faire un hôtel cinq étoiles, le Lanzerac, autour duquel il a planté des vignobles. Il est également propriétaire de la marque Lourensford Estate et d’une réserve dans la région du Kalahari.

6. Naguib Sawiris, Egypte

Fils aîné d’Onsi, Naguib Sawiris est, à 57 ans, la 367e fortune du monde selon Forbes, avec 3,1 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros). Il a présidé la branche télécommunications du groupe Orascom qu’il a cédé au groupe russe Vimpelcom en mai 2011. Naguib Sawiris a décidé de se consacrer à la politique en fondant un nouveau parti politique: Les Egyptiens Libres.
Il est également connu pour avoir publié sur Twitter en juin 2011, une caricature représentant Minnie Mouse en niqab et Mickey barbu. Un tribunal du Caire a rejeté le 28 février dernier une plainte portée contre lui pour insulte envers l'islam. Mais l'affaire n'est pas terminée. Il reste poursuivi pour les mêmes raisons par Mamdouh Ismaïl, un avocat salafiste. Le verdict est attendu le 3 mars prochain.

5. Mike Adenuga, Nigeria

Mike Adenuga, 58 ans, est passé de la 595ème place en 2011 à la 248e place du classement Forbes, avec une fortune qui a plus que doublé en un an pour atteindre 4,3 milliards de dollars (3,24 milliards d'euros).
Après des études aux Etats-Unis, il était déjà millionnaire à 26 ans en distribuant la marque Coca-Cola en Afrique. Il a ensuite bâti sa fortune dans le pétrole, la banque et les télécommunications.
Aujourd'hui, sa société Conoil Producing est la plus importante compagnie pétrolière du pays produisant quelque 100.000 barils par jour. Il possède également Globacom, le deuxième plus grand opérateur de téléphonie mobile du Nigeria qui compte plus de 15 millions d'abonnés.

4. Johann Rupert, Afrique du Sud

A la 199e place du classement de Forbes, Johann Rupert, 61 ans, s’est également enrichi. Evaluée à 4,8 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros) l’année dernière, sa fortune a atteint 5,1 milliards de dollars (3,85 milliards d'euros) en 2012.
Il est classé deuxième plus grosse fortune d'Afrique du Sud grâce à ses nombreuses propriétés dans l'horlogerie, la haute couture et la joaillerie. Il est le principal actionnaire du groupe Richemont, numéro deux mondial du luxe. Le passionné d'automobile a créé le Musée Franschhoek Motor qui abrite sa collection personnelle de plus de 200 véhicules anciens.

3. Nassef Sawiris, Egypte

A 51 ans, fils d’Onsi et frère cadet de Naguib, Nassef Sawiris est le plus riche de la famille, figure à la 199e place du classement mondial de Forbes. Sa fortune estimée à 5,1 milliards de dollars (3,85 milliards d'euros) provient pour l’essentiel du groupe Orascom Construction Industries (OCI Group), spécialisé dans le fabrication de ciment et les constructions immobilières.
Sawiris détient également des participations importantes dans des sociétés de ciment Lafarge et Texas Industries.

2. Nicky Oppenheimer, Afrique du Sud

Nicky Oppenheimer est l’homme le plus riche d’Afrique du Sud avec 6,8 milliards de dollars (5,13 milliards d'euros). Il a constitué sa fortune essentiellement dans l’exploitation de mines de diamants.
En novembre dernier, la famille Oppenheimer s’est retirée du leader mondial de la production de diamants, le groupe De Beers, en vendant ses 40% du capital au géant minier Anglo American pour 5,1 milliards de dollars (3,85 milliards d'euros).
A 66 ans, Nicky Oppenheimer est le 139ème homme le plus riche du monde.

1. Aliko Dangote, Nigeria

Malgré une perte de plus de 2,6 milliards de dollars en 2011, Aliko Dangote, le roi du ciment de l'Afrique demeure le plus riche du continent africain avec une fortune de 11,2 milliards de dollars (8,4 milliards euros).
Le Nigérian de 54 ans, marié et père de trois enfants, possède des usines en Côte d'Ivoire, au Cameroun, en Zambie, au Sénégal, en Tanzanie et  en Afrique du Sud, mais aussi des intérêts dans des raffineries de sucre, de farine et de traitement de sel.
Il a offert plusieurs millions pour promouvoir l'éducation, la santé et d’autres causes sociales et donné 600 dollars à chaque personne déplacée par les violences post-électorales au Nigeria.
Il occupe la 76ème place mondiale, reculant de 25 places par rapport au classement de 2011.
Annabelle Creuzé

Manifestations en Libye contre l'autonomie de l'est

Des milliers de Libyens ont manifesté, vendredi, contre la déclaration d'autonomie de l'est du pays faite cette semaine par des représentants et des chefs tribaux de la région.

Les représentants de la région de Barqa, qui comprend une bonne partie des ressources pétrolières de la Libye, ont assuré qu'ils ne voulaient pas diviser le pays, mais seulement mettre fin à des années de discrimination contre leur région sous le règne de Mouammar Kadhafi.

Plusieurs Libyens craignent que la création d'une région semi-autonome où les chefs locaux auront une grande influence ne mène à la désintégration du pays.

À Benghazi, proclamée capitale de la région autonome, des Libyens ont dénoncé l'initiative, estimant qu'il s'agissait d'un appel à la séparation du reste du pays.

« Honte à vous pour avoir divisé la Libye de vos propres mains! », ont scandé les manifestants dans le centre de la ville. Ils ont brandi des drapeaux libyens et des bannières montrant le logo du principal groupe islamiste en Libye, les Frères musulmans. Le groupe a diffusé un communiqué condamnant la déclaration de semi-autonomie et soulignant les risques de fragmentation du pays.

Des centaines de personnes ont aussi manifesté à Tripoli, la capitale. « Avec notre sang et notre âme, nous sauverons Benghazi! », ont scandé les manifestants.

Un influent leader religieux lié aux Frères musulmans a dénoncé le projet lors de son prêche du vendredi au Qatar, où il vit. « Il n'est pas permis de diviser le pays [...] La Libye doit rester un seul pays », a dit le cheikh Youssef El-Qaradawi.

La région de Barqa, dont la création a été annoncée mardi, comprendrait près de la moitié du territoire libyen, du centre du pays à la frontière égyptienne, à l'est, et jusqu'aux frontières avec le Tchad et le Soudan, au sud.