samedi 10 mars 2012

Le Top 10 des Africains les plus riches en 2012

Le magazine américain Forbes vient de publier son classement annuel des milliardaires dans le monde. Le 1er Africain, le Nigerian Aliko Dangote occupe la 76ème place. 

 Cette année, le magazine américain Forbes a répertorié 1.226 personnes pour son classement annuel des milliardaires en dollars dans le monde. Un record pour sa 25ème édition.

Au nombre de 16, les Africains ne constituent qu'un peu plus d'1% des personnalités sur la liste, contrairement aux Américains et aux Chinois qui, à eux deux, représentent les deux tiers des milliardaires de la planète.
Si l'on note quelques changements dans la hiérarchie des milliardaires africains par rapport au classement de 2011, les mêmes pays culminent: le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Egypte.
Classement des 10 milliardaires Africains les plus riches:

10. Patrice Motsepe, Afrique du Sud

A 50 ans, l’ancien avocat en droit minier Patrice Motsepe est le premier et seul noir milliardaire d'Afrique du Sud. Avec 2,7 milliards de dollars (2 milliards d'euros), il est le 442ème homme le plus riche de la planète. Un recul par rapport à 2011 où il était à la 336ème place avec 3,3 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros).
Né dans le township de Soweto, Motsepe débute sa carrière en tant qu’avocat au sein du cabinet Bowman Gilfillan à Johannesburg, puis il achète des puits de mines d’or pour en faire des sites de production rentable, cotés en Bourse (African Rainbow Minerals). Motsepe a également des intérêts dans Sanlam, une entreprise sud-africaine implantée dans le secteur des assurances et des services financiers.

9. Miloud Chaabi, Maroc

Miloud Chaabi, 82 ans, marié et père de 6 enfants, est l'homme le plus riche du Maroc. Il se positionne à la 401ème place mondiale avec une fortune estimée à 2,9 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros). En novembre 2011, il occupait la 6ème position des Africains les plus riches avec 3 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros).
Patron de la holding Ynna et connu pour ses investissements dans l'industrie, l'immobilier, l'agroalimentaire ou encore la grande distribution, il est également impliqué en politique. Allié au parti socialiste, Chaabi est connu pour être l'un des critiques les plus virulents de la corruption au Maroc.

8. Onsi Sawiris, Egypte

Onsi Sawiris, 82 ans est le patriarche de l’une des familles les plus riches d’Egypte. Si sa fortune de 2,9 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros) est restée stable depuis l’année dernière, il a reculé de 8 places dans le classement mondial pour se retrouver au 401ème rang.
Il est le fondateur de l’Orascom Construction Industries, dont ses trois fils gèrent les différents domaines de construction, de télécommunications, de tourisme, de science et technologie et de l’industrie.

7. Christoffel Wiese, Afrique du Sud

A 70 ans, Christoffel Wiese possède une fortune estimée à 2,7 milliards de dollars (2 milliards d’euros). Il est président et important actionnaire de Shoprite, la plus grande chaîne de supermarché à bas prix du continent africain. Il siège également au conseil d’administration de la chaîne de magasins de vêtements discount Pepkor dont il détient 44% des parts.
Le Sud-Africain a également restauré une ferme pour en faire un hôtel cinq étoiles, le Lanzerac, autour duquel il a planté des vignobles. Il est également propriétaire de la marque Lourensford Estate et d’une réserve dans la région du Kalahari.

6. Naguib Sawiris, Egypte

Fils aîné d’Onsi, Naguib Sawiris est, à 57 ans, la 367e fortune du monde selon Forbes, avec 3,1 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros). Il a présidé la branche télécommunications du groupe Orascom qu’il a cédé au groupe russe Vimpelcom en mai 2011. Naguib Sawiris a décidé de se consacrer à la politique en fondant un nouveau parti politique: Les Egyptiens Libres.
Il est également connu pour avoir publié sur Twitter en juin 2011, une caricature représentant Minnie Mouse en niqab et Mickey barbu. Un tribunal du Caire a rejeté le 28 février dernier une plainte portée contre lui pour insulte envers l'islam. Mais l'affaire n'est pas terminée. Il reste poursuivi pour les mêmes raisons par Mamdouh Ismaïl, un avocat salafiste. Le verdict est attendu le 3 mars prochain.

5. Mike Adenuga, Nigeria

Mike Adenuga, 58 ans, est passé de la 595ème place en 2011 à la 248e place du classement Forbes, avec une fortune qui a plus que doublé en un an pour atteindre 4,3 milliards de dollars (3,24 milliards d'euros).
Après des études aux Etats-Unis, il était déjà millionnaire à 26 ans en distribuant la marque Coca-Cola en Afrique. Il a ensuite bâti sa fortune dans le pétrole, la banque et les télécommunications.
Aujourd'hui, sa société Conoil Producing est la plus importante compagnie pétrolière du pays produisant quelque 100.000 barils par jour. Il possède également Globacom, le deuxième plus grand opérateur de téléphonie mobile du Nigeria qui compte plus de 15 millions d'abonnés.

4. Johann Rupert, Afrique du Sud

A la 199e place du classement de Forbes, Johann Rupert, 61 ans, s’est également enrichi. Evaluée à 4,8 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros) l’année dernière, sa fortune a atteint 5,1 milliards de dollars (3,85 milliards d'euros) en 2012.
Il est classé deuxième plus grosse fortune d'Afrique du Sud grâce à ses nombreuses propriétés dans l'horlogerie, la haute couture et la joaillerie. Il est le principal actionnaire du groupe Richemont, numéro deux mondial du luxe. Le passionné d'automobile a créé le Musée Franschhoek Motor qui abrite sa collection personnelle de plus de 200 véhicules anciens.

3. Nassef Sawiris, Egypte

A 51 ans, fils d’Onsi et frère cadet de Naguib, Nassef Sawiris est le plus riche de la famille, figure à la 199e place du classement mondial de Forbes. Sa fortune estimée à 5,1 milliards de dollars (3,85 milliards d'euros) provient pour l’essentiel du groupe Orascom Construction Industries (OCI Group), spécialisé dans le fabrication de ciment et les constructions immobilières.
Sawiris détient également des participations importantes dans des sociétés de ciment Lafarge et Texas Industries.

2. Nicky Oppenheimer, Afrique du Sud

Nicky Oppenheimer est l’homme le plus riche d’Afrique du Sud avec 6,8 milliards de dollars (5,13 milliards d'euros). Il a constitué sa fortune essentiellement dans l’exploitation de mines de diamants.
En novembre dernier, la famille Oppenheimer s’est retirée du leader mondial de la production de diamants, le groupe De Beers, en vendant ses 40% du capital au géant minier Anglo American pour 5,1 milliards de dollars (3,85 milliards d'euros).
A 66 ans, Nicky Oppenheimer est le 139ème homme le plus riche du monde.

1. Aliko Dangote, Nigeria

Malgré une perte de plus de 2,6 milliards de dollars en 2011, Aliko Dangote, le roi du ciment de l'Afrique demeure le plus riche du continent africain avec une fortune de 11,2 milliards de dollars (8,4 milliards euros).
Le Nigérian de 54 ans, marié et père de trois enfants, possède des usines en Côte d'Ivoire, au Cameroun, en Zambie, au Sénégal, en Tanzanie et  en Afrique du Sud, mais aussi des intérêts dans des raffineries de sucre, de farine et de traitement de sel.
Il a offert plusieurs millions pour promouvoir l'éducation, la santé et d’autres causes sociales et donné 600 dollars à chaque personne déplacée par les violences post-électorales au Nigeria.
Il occupe la 76ème place mondiale, reculant de 25 places par rapport au classement de 2011.
Annabelle Creuzé

Manifestations en Libye contre l'autonomie de l'est

Des milliers de Libyens ont manifesté, vendredi, contre la déclaration d'autonomie de l'est du pays faite cette semaine par des représentants et des chefs tribaux de la région.

Les représentants de la région de Barqa, qui comprend une bonne partie des ressources pétrolières de la Libye, ont assuré qu'ils ne voulaient pas diviser le pays, mais seulement mettre fin à des années de discrimination contre leur région sous le règne de Mouammar Kadhafi.

Plusieurs Libyens craignent que la création d'une région semi-autonome où les chefs locaux auront une grande influence ne mène à la désintégration du pays.

À Benghazi, proclamée capitale de la région autonome, des Libyens ont dénoncé l'initiative, estimant qu'il s'agissait d'un appel à la séparation du reste du pays.

« Honte à vous pour avoir divisé la Libye de vos propres mains! », ont scandé les manifestants dans le centre de la ville. Ils ont brandi des drapeaux libyens et des bannières montrant le logo du principal groupe islamiste en Libye, les Frères musulmans. Le groupe a diffusé un communiqué condamnant la déclaration de semi-autonomie et soulignant les risques de fragmentation du pays.

Des centaines de personnes ont aussi manifesté à Tripoli, la capitale. « Avec notre sang et notre âme, nous sauverons Benghazi! », ont scandé les manifestants.

Un influent leader religieux lié aux Frères musulmans a dénoncé le projet lors de son prêche du vendredi au Qatar, où il vit. « Il n'est pas permis de diviser le pays [...] La Libye doit rester un seul pays », a dit le cheikh Youssef El-Qaradawi.

La région de Barqa, dont la création a été annoncée mardi, comprendrait près de la moitié du territoire libyen, du centre du pays à la frontière égyptienne, à l'est, et jusqu'aux frontières avec le Tchad et le Soudan, au sud.

vendredi 9 mars 2012

Traque mondiale lancée sur le web

Des millions de personnes ont vu l’appel à la capture de Joseph Kony, rebelle ougandais coupable d’atrocités terrifiantes. Mais la vidéo crée, elle aussi, la polémique.
Lancé mardi sur Internet et les réseaux sociaux, le film «Kony 2012» poursuit un double but. Que Joseph Kony, devienne célèbre. Pour qu’il soit arrêté. «99% des habitants de la planète ne savent pas qui il est. S’ils savaient, il aurait été stoppé», explique cette vidéo créée par l’association américaine Invisible Children (Enfants invisibles). Le premier objectif semble déjà atteint: hier en fin d’après-midi, le film avait été vu plus de 40 millions de fois! Nul ne peut plus ignorer les atrocités reprochées au rebelle ougandais Joseph Kony, 50 ans. Depuis 2005, il est l’une des cibles prioritaires de la Cour pénale internationale. Qui a retenu 33 chefs d’inculpation dont 12 pour crimes contre l’humanité contre le chef de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). L’illuminé sanguinaire à la tête de quelques centaines d’hommes dit vouloir créer un Etat basé sur les dix commandements.

Depuis la fin des années 1980, le LRA aurait massacré des milliers de civils et mutilé, torturé ou violé au moins autant. Il a réduit en esclavage entre 30000 et 60000 enfants. Une partie enrôlée de force comme soldats, obligée de commettre des atrocités. L’autre utilisée comme esclaves sexuels. Joseph Kony se cacherait en République centrafricaine. Ses troupes ont commis leurs méfaits en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Soudan. Et grâce à l’ONG Invisible Children, le voilà devenu l’ennemi planétaire No 1 en quelques heures.

Comment cette organisation est-elle parvenue à obtenir une telle publicité? D’abord, par son film, fort, habile, hollywoodien. Mais aussi grâce à une stratégie terriblement efficace. Invisible Children a ciblé une trentaine de personnalités américaines: d’Oprah Winfrey à George Clooney en passant par des élus de Washington. «S’il vous plaît, allez sur Invisiblechildren.com. Faites-moi confiance», a lancé la star Rihanna à ses innombrables fans sur Twitter. «Joseph Kony, je vais aider à te rendre célèbre! On t’arrêtera!» a posté Sean «Diddy» Combs sur le sien, demandant à ses six millions d’abonnés de faire passer le message. Au final, un succès sidérant, donc, pour la bonne cause: juger un terrifiant criminel. Pourtant, les critiques commencent à pleuvoir. Sur l’ONG, qui dépenserait plus pour financer sa publicité que pour aider les enfants réduits en esclavage. Sur le message, surtout, qui pourrait mener au meurtre de Kony plutôt qu’à son arrestation – Il est un homme «à stopper par tous les moyens», dit le film.

Et qui sera la prochaine cible? Sur quels critères? Le film lui-même, enfin, est dérangeant. Parfois simpliste, il utilise d’énormes ficelles pour charrier des torrents d’émotion, comparant par exemple Kony à Hitler et ses atrocités à l’Holocauste. Et il navigue entre son sujet – les enfants martyres – et l’autopromotion de l’ONG. On peut acheter le kit d’action contre Kony (T-shirt, posters, autocollants, etc.) pour 30 dollars…

Des critiques qui n’ont pas l’air de refroidir l’organisation. Son prochain coup est déjà prévu. Le 20 avril, tous les citoyens de ce monde sont priés de couvrir les murs des villes du portrait de Joseph Kony. Qui n’aura alors plus beaucoup d’endroit pour se terrer.

Les Etats-Unis promettent des projets à long terme contre la famine en Afrique

Des responsables américains ont promis jeudi devant le Congrès des Etats-Unis de travailler à des solutions permanentes pour combattre la faim dans la Corne de l'Afrique, en particulier en Somalie où la crise reste aiguë bien que la famine soit officiellement terminée.

Lors d'une audition devant une commission spéciale du Congrès, plusieurs responsables ont souligné que davantage de pluies amélioreraient la situation dans ce pays, mais qu'il était aussi important d'assurer la stabilité politique dans une Somalie dépourvue de véritable gouvernement central depuis deux décennies et où les milices rebelles shebab, liées à Al-Qaïda, bloquent l'arrivée de l'aide internationale.

L'ONU estime que des dizaines de milliers de personnes ont péri depuis le début de la famine en Somalie déclaré en juillet 2011. Si les Nations unies ont estimé le 3 février que le pays était officiellement sorti de l'état de famine, quelque 2,34 millions de personnes --soit un tiers de la population-- a encore besoin d'aide.

"Les pluies (en Somalie) restent incertaines et, même si la famine a reculé, la situation dans ce pays reste l'une des plus graves de la planète", a insisté Nancy Lindborg, responsable au sein de l'agence américaine pour le développement international.

Mme Lindborg a ajouté que les Etats-Unis et d'autres importants donateurs se réuniraient au Kenya fin mars pour promouvoir des projets d'aide à long terme pour la Corne de l'Afrique, comprenant entre autres la vaccination du bétail et le développement de moyens de subsistance alternatifs pour les populations.
De tels efforts ont déjà donné des résultats en Ethiopie, permettant à 7,6 millions de personnes de ne pas avoir besoin d'aide alimentaire durant la sécheresse, selon la responsable.

Le député démocrate Jim McGovern, co-président de la commission ayant organisé l'audition, a de son côté encouragé l'administration Obama à faire de la lutte contre la famine une priorité à la fois internationale et nationale.

Le président Barack Obama avait lancé peu de temps après sa prise de fonctions en 2009 le programme "Nourrir le Futur" pour lutter contre la faim dans le monde.

jeuneafrique.com

jeudi 8 mars 2012

"Bonne gouvernance et problématique de la dette en Afrique"

Le livre intitulé"Bonne gouvernance et problématique de la dette en Afrique: le cas de la Guinée" de Badara Dioubaté publié chez l'Harmattan a été dédicacé ce mercredi 29 février à Conakry. L'auteur, de nationalité guinéenne, docteur en sciences économiques, consultant en développement, auteur de divers articles sur l'économie du développement et le rôle des institutions financières internationales dans les pays sous développés, est à son 3ème livre.
Présent à cette cérémonie, Dr Ousmane Kaba, ministre conseiller à la présidence chargé des Questions stratégiques, a déclaré que ce livre rejoint l'actualité guinéenne car, selon lui, la Guinée est en train de se battre pour atteindre le point d'achèvement de l'initiative de pays pauvres très endettés(PPTE). ''Les livres ne sont pas chers, ce sont les Guinéens qui sont pauvres."a-t-il précisé

Dans son exposé, l'auteur a dit que l’objectif de ce livre est de rendre compte des transformations et des évolutions dans le contenu des réformes impulsées par les institutions financières internationales (FMI, banque mondiale) et des politiques économiques nationales compatibles avec les options de développement des pays comme la Guinée pendant la période post-ajustement structurel.

Pour lui, face aux problématiques de la bonne gouvernance et la thématique de la soutenabilité de la dette, les pays africains restent résolument engagés dans la voie de la réduction de la pauvreté. "Cependant, au delà des discours officiels, les résultats du processus de développement depuis les années 1990, demeurent insatisfaisants dans divers pays de l'Afrique subsaharienne tels que la Guinée" ajoute-t-il

Poursuivant son allocution Dr Dioubaté a indiqué que jamais, dans le champ de l’économie du développement, de 1960 à nos jours, une thématique, en dehors de la bonne gouvernance, n’a donné autant d’espoir sur la voie de la correction des erreurs issues de la  période d’ajustement structurel. A ses dires, l'un des échecs de l’application des programmes d’ajustement structurel dans les pays en développement réside dans l’aggravation de la pauvreté sociale et l’augmentation du stock de la dette des pays concernés.

"De ce fait, il existe une corrélation positive entre l'intensité, la durée d'application des reformes au titre des programmes d'ajustement et l'élévation du niveau de la pauvreté dans les pays en voie de développement; l'Afrique reste manifestement la zone la plus touchée par cette réalité."a-t-il conclu.

Mamadou Alou Barry /lejour.info
aliousarayabhe@yahoo.fr
+22466385908/+22462304942

mercredi 7 mars 2012

Diéry Seck, économiste sénégalais : « La dévaluation du FCFA n’est pas une question préoccupante »

Telle est la conviction de Diéry Seck, directeur de l’Institut africain de développement économique et de planification des Nations unies. Lors du stage sur les enjeux journalistiques de l’intégration en Afrique de l’Ouest, stage qui s’est tenu du 6 au 17 février 2012, M. Seck a donné une communication sur la devise unique. Nous l’avons approché à la suite de son exposé pour connaître son propre avis sur le sujet.

Quelle définition peut-on donner à l’union monétaire ?

L’union monétaire, c’est l’espace dans lequel deux ou plusieurs Etats acceptent d’avoir la même monnaie qui remplace la monnaie nationale et qui sert d’unité d’échange et de payement dans l’espace de cette union.

Une monnaie unique en 2020 ; est-ce possible ?

Techniquement, cela peut être possible. Mais, il faut reconnaître que la volonté politique des décideurs pourra influencer les choses. Soit en les accélérant, soit en les ralentissant. En tous les cas, au regard des expériences avec le franc, des réponses techniques existent pour la création d’une monnaie unique.

Quelles peuvent être les avantages et les inconvénients d’une Union monétaire ?

En termes d’avantages, elle peut élargir l’espace dans lequel on peut faire des transactions sans se soucier des échanges monétaires. La main-d’œuvre pourra circuler et le marché intérieur va assurément s’agrandir. Parce que les flux de transactions sur le plan intérieur se font en comparaison aux commerces extérieurs à la zone. En ce qui concerne les inconvénients, il faut dire que beaucoup de personnes considèrent la politique monétaire comme un instrument de politique économique. En rentrant ainsi dans une union monétaire, un Etat renonce forcement à sa souveraineté et perd les instruments de politique monétaire qui sont liés à la gestion de sa propre monnaie. Il y a aussi l’exigence de la discipline fiscale parce que, qui dit union monétaire, dit compatibilité avec la politique budgétaire. Tout compte fait, les inconvénients qui sont perçus pour l’union monétaire ne sont pas des choses décourageantes.

Est-ce l’exemple de l’UEMOA qui inspire la création de cette monnaie unique dans l’espace CEDEAO ?

L’UEMOA inspire bien la création d’une monnaie CEDEAO. L’idée est de créer une deuxième zone monétaire qui, après, sera fusionnée à la zone CFA. Mais, il faut reconnaitre que la France joue un rôle important dans la gestion de l’UEMOA. Les Etats membres de la CEDEAO ont chacun des passés différents. D’autres ont été colonisés par la Grande-Bretagne. Mais le Royaume-Uni n’est pas beaucoup immiscé dans l’assimilation économique comme la France a fait avec ses colonies. Il est aussi vrai que la plupart des Etats de l’espace CEDEAO sont faibles, mais celle-ci consent beaucoup d’efforts notamment sur les plans politiques et économiques pour les stabiliser. Bien qu’elle encourage également une plus intégration économique, il ne faut pas se leurrer sur le fait que la CEDEAO n’a vraiment pas les instruments de politique économique lui permettront de gérer une union économique régionale. La monnaie unique est un chantier très actif assujetti aux efforts politiques des Etats membres de la CEDEAO.

La France a-t-elle intérêt à ce que cette zone monétaire soit une réalité ?

Cela est bien évident. La France fait partie des grandes puissances qui sont elles aussi des entités économiques et qui cherchent leurs intérêts. Dans le cas par exemple de la CEDEAO, la France et la Grande-Bretagne essayent de diversifier les interventions. Alors que si cette union devient une réalité, cela va faciliter les transactions économiques. Pour dire que le passé colonial ne prédispose pas à une position favorable ou défavorable. Ce sont les intérêts qui vont primer.

Où est-ce qu’on peut situer la lenteur de la réalisation de la monnaie unique ? Les raisons sont-elles d’ordre économiques, socioculturelles, politiques…

Les personnes en charge de la réflexion sur le projet travaillent au niveau des centres d’études de la CEDEAO. Et j’en fais partie. Est-ce qu’elles sont assez dotées ? Je n’en sais rien. Toujours est-il qu’elles font de leur mieux. Est-ce que la CEDEAO elle-même fait de la création de la monnaie unique une priorité ? Je n’en sais rien non plus. Peut-être qu’aujourd’hui, ses soucis se situent ailleurs, tels que la bonne gouvernance, les questions de résolution de la sécurité, etc.

Un mot sur une éventuelle dévaluation du franc CFA ?

Même si je le sais, je ne le dirai pas. Mais, je peux avoir une opinion en tant que citoyen et économiste. Je sais que les gens en parlent, mais je vous assure que je n’ai pas encore eu le temps de faire des calculs nécessaires en rapport avec une éventuelle dévaluation du CFA. C’est mieux que je ne le fasse pas. Parce que j’estime que c’est une question qui n’est pas aussi préoccupante. D’autres sujets économiques plus intéressants tels que la croissance, la création d’emplois, les investissements, les concurrences au plan internationale urgent. La dévaluation est un symptôme, c’est une résultante de politiques passées qui n’ont pas peut-être pas réussi.

Interview réalisée par Bassératou KINDO

Guinée : Le gouvernement veut mettre fin à la construction anarchique des écoles privées

Le gouvernement guinéen à travers le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Education civique envisage de mettre fin à la ’’construction anarchique des écoles privées’’, afin de cerner de près le cadre d’étude et de scolarisation des enfants du pays, a déclaré lundi, le ministre de l’enseignement pré-universitaire Ibrahima Kourouma, lors d’un forum sur les écoles privées en Guinée.

Selon lui, la rencontre de trois jours qui a débuté ce lundi, entres les acteurs du système d’enseignement privé, les acteurs gouvernementaux et les acteurs de la société civile, vise essentiellement à renforcer les capacités des tous les intervenants dans la chaine d’enseignement pré-universitaire privé, pour harmonier les points de vues et pour atteindre une plus grandes efficacité dans ce système.

Dans son intervention de circonstance, le ministre a précisé que c’est en 1985, suite au changement de régime survenu en Guinée, avec le libéralisme prôné par les nouvelles autorités d’alors, que les premiers acteurs se sont lancés dans la fondation des écoles priées, avec un total de 25 établissements à l’époque.
De nos jours, la Guinée a enregistré plus de 2 200 établissements repartis sur le territoire national, où ont dénombré plus de 500 000 élèves de l’enseignement primaires et secondaire, avec 19 000 corps enseignants et encadreurs, toutes hiérarchies confondues.

Ces vingt dernières années, selon un constat largement partagé, on observe une prolifération d’écoles privées, allant de l’enseignement primaire à l’universitaire, en passant par l’enseignement secondaire et professionnel, sans aucun respect des textes et lois, relatifs à la fondation des écoles dans la pays.

"Les écoles privées en Guinée son confrontées à des insuffisances d’ordre administratif, pédagogique et financier", qui se manifeste par l’absence d’une réelle politique de l’enseignement privé, a souligné M. Kourouma, qui estime qu’au sortir du présent forum, des mesures concrètes seront prises pour éviter l’anarchie dans la fondation des écoles privées en Guinée.

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