mercredi 8 février 2012

Cheikh Tidiane Gadio : « Nous n’appelons pas à une guérilla au Sénégal ! »

L’ancien ministre des Affaires étrangères sénégalais, Cheikh Tidiane Gadio, a proposé lundi lors d’un rassemblement de l’opposition la mise en place d’un Conseil national de transition au Sénégal si le président Abdoulaye Wade maintenait sa candidature.
Cheikh Tidiane Gadio, qui est lui-même candidat à la présidentielle pour le parti "Luy Jot Jotna", qu’il a créé après avoir quitté en 2010 le gouvernement s’explique pour Afrik.com.

Afrik.com : Pouvez-vous revenir sur votre proposition de création d’un Conseil national de transition au Sénégal ?

Cheikh Tidiane Gadio : Cette proposition vient à la suite de mes différents discours contre la validation de la candidature de Wade par le Conseil Constitutionnel. Vous savez, j’ai été le premier à parler de coup d’Etat constitutionnel si Wade est autorisé à briguer un troisième mandat. Nous avons utilisé tous les moyens nécessaires pour qu’il retire sa candidature. Nous nous sommes mobilisés de façon pacifique et nous n’avons rien obtenu. Si le président Wade continue dans cette logique, nous ne le reconnaîtrons pas, ni son gouvernement d’ailleurs. S’il persiste, nous allons prendre toutes nos dispositions pour mettre en place un Conseil national de transition car nous estimons qu’il a violé la Constitution.

Afrik.com : Le Conseil national de transition a été créé en Libye pour faire face à la grave crise politique que le pays connaissait avant la chute de Mouammar Kadhafi. Le Sénégal qui est une démocratie est loin d’être dans le même cas de figure. N’allez-vous pas au contraire envenimez la situation actuelle avec un tel projet ?

Cheikh Tidiane Gadio : Nous ne voulons en aucun cas imiter le modèle libyen. Le Sénégal n’est pas la Libye ! C’est une démocratie en processus de maturation ! L’idée n’est pas de créer un Benghazi bis au Sénégal. Pour Abdoulaye Wade, le Conseil national de transition ne peut pas poser de problème puisque c’est le premier chef d’Etat qui s’est rendu à Benghazi pour soutenir le CNT libyen. Donc il ne peut pas dire que le CNT ne peut pas s’appliquer au Sénégal. Nous voulons mettre en place cet organe politique pour restaurer les institutions au Sénégal qui ont été bafouées par Wade. Le problème est que Wade est entrain de remettre en question nos acquis démocratiques. Il veut mettre en place un forcing pour briguer un troisième mandat. La proposition d’un Conseil national de transition entre dans la cadre de ce que nous avons toujours dit, à savoir manifester notre désaccord de façon toujours pacifique. Et c’est ce que nous allons continuer à faire. Nous n’appelons pas à une guérilla au Sénégal ! Et encore une fois je le redis nous ne voulons pas créer un CNT de type Benghazi.

Afrik.com : Jusqu’à présent la majorité des candidats à la présidentielle ne se sont concentrés que sur la candidature du président Wade. Peu d’entre eux ont présenté un programme clair pour redresser le pays. Quel est le votre ?

Cheikh Tidiane Gadio : Je ne veux pas m’étendre là-dessus car ce serait trop long à vous expliquer. Juste en quelques mots, concernant notre programme nous avons prévu de ne pas faire comme les autres candidats. Pour résumer, notre programme c’est : nourrir, éduquer, soigner et libérer les énergies.
Nourrir. Nous voulons développer l’agriculture sénégalaise. Car un pays ne peut pas être considéré comme émergent s’il ne règle pas le problème de son autosuffisance alimentaire. Nous voulons créer des agropoles dans les villes, fermes, et des infrastructures modernes. Nous voulons trouver des engrais bon marchés pour que les agriculteurs puissent travailler avec. Nous voulons également trouver des techniques qui permettent de transformer et transporter les produits agricoles. Près de 60% des Sénégalais sont issus du monde rural mais ils contribuent seulement à 20% des richesses nationales. Nous souhaitons que 70% d’entre eux contribuent au PIB.
Éduquer. Nous voulons réformer le système éducatif sénégalais pour former des cadres qui créeront des emplois à leur tour et non former des diplômés chômeurs. Concernant la santé nous sommes horrifiés que des femmes enceintes meurent à Kolda faute d’infrastructures alors que l’hôpital central n’est qu’à 30 minutes de chez elles. Nous voulons créer des conditions d’accès aux hôpitaux.
Libérez les énergies. Depuis cinq décennies aucun de nos dirigeants n’ont réussi à combattre la pauvreté. En 1960, la Corée et le Sénégal avaient le même PIB. Aujourd’hui, la Corée a réussi a multiplié par 400 son PIB. Le Sénégal est toujours à la traine. Il faut que cela change. Nous n’avons aucun intérêt à nous enrichir. Nous sommes des cadres compétents et nous voulons servir notre pays.

Afrik.com : Pourquoi êtes-vous aussi virulent à l’encontre du président Wade alors que vous avez participé à son gouvernement en tant que ministre des Affaires étrangères avant de démissionner en 2010 ?

Cheikh Tidiane Gadio : Pourquoi me parlez-vous systématiquement de Wade ! Je ne vais pas m’attarder sur cette question ! Wade c’est mon passé ! C’est fini ! Désormais je suis tourné vers l’avenir de mon pays ! C’est tout ce qui compte.

Afrik.com : Pourquoi l’opposition sénégalaise n’a toujours pas réussi à trouver un candidat unique ?

Cheikh Tidiane Gadio : Aujourd’hui nous travaillons tous ensemble main dans la main. Et nous prouverons que nous sommes tous unis au moment de l’élection.


mercredi 8 février 2012 / par Assanatou Baldé

vendredi 3 février 2012

Eric Fassin : pourquoi Aubry et Fillon n'ont pas débattu d'immigration


Jeudi soir sur France 2, après un débat économique très technique, Martine Aubry, invitée de l'émission « Des paroles et des actes », a – quelques minutes seulement – ouvert la discussion sur l'immigration, accusant Nicolas Sarkozy d'avoir laissé s'installer des passerelles avec l'extrême droite.
Elle s'est adressée à François Fillon de façon vive pour le mettre face aux différentes mesures prises durant ces années (Roms, discours de Grenoble, discours de Dakar). François Fillon s'est drapé dans sa dignité :
« Je ne peux pas vous laissez dire que le président de la République aurait laissé s'instaurer des passerelles entre l'extrême droite et [l'UMP]. Chacun sait que l'extrême droite est le principal adversaire du président de la République, de notre majorité. Et jamais je ne l'aurais accepté. »
Le bref passage sur l'immigration
Rue89 a demandé au sociologue Eric Fassin, spécialiste des questions d'immigration, de réagir à ce court échange entre le Premier ministre et la première secrétaire du PS.
Rue89 : L'intervention a été brève. L'immigration ne semble pas encore faire partie des grands débats de cette campagne alors même que c'est une question qui a dominé le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Pourquoi ? Est-ce un sujet de campagne comme les autres ?
Eric Fassin : La droite est prise entre deux exigences contradictoires :
  • d'un côté, il ne lui est pas possible de désavouer la dérive qui la rapproche toujours plus de l'extrême droite. Aussi le Premier ministre se met-il à raisonner comme son ministre de l'Intérieur : il parle d'« immigration incontrôlée » ;
  • d'un autre côté, la droite gouvernementale doit continuer de se démarquer du Front national, puisqu'elle prétend que c'est pour mieux le combattre qu'elle va sur son terrain, entre immigration et identité nationale.
Sur France 2, jeudi soir, François Fillon parvient à conjuguer habilement les deux logiques en réponse à Martine Aubry, qui l'interroge sur le discours de Grenoble : « Je ne peux pas vous laisser dire que le Président a laissé s'installer des passerelles avec l'extrême droite . » Autrement dit, il n'a rien à redire au tournant de l'été 2010 ; c'est donc qu'un tel discours n'aurait rien à voir avec le FN…. Forcément, sinon comment le Premier ministre s'en accommoderait-il ?
On le voit cependant : pour la droite, l'exercice est périlleux. D'autant qu'elle hésite à aller plus loin dans la xénophobie politique – non par humanisme, mais au vu des sondages, qui ne l'encouragent pas dans ce sens. Bref, elle se contente d'assumer son bilan. Encore peut-on s'interroger : comment la majorité peut-elle dénoncer une « immigration incontrôlée », alors qu'elle-même est au pouvoir depuis dix ans ?
Martine Aubry s'est montrée plutôt offensive jeudi soir mais si depuis 2007, les socialistes condamnent la politique d'immigration de l'UMP, ils ne proposent pas pour autant d'alternative réelle (ou du moins audible). Pourquoi la gauche a tant de difficultés à se saisir de ce sujet ?
La gauche n'est pas moins embarrassée que la droite. En effet, la droite décomplexée d'aujourd'hui a pour envers une gauche complexée. Beaucoup, à gauche, sont convaincus que la politique de la droite, en matière d'immigration, serait démagogique. C'est oublier que ni le débat sur l'identité nationale ni le discours de Grenoble n'ont bénéficié au Président dans les sondages : cette politique n'est pas populaire !
N'importe : l'opposition de gauche est convaincue qu'elle ne doit pas trop se démarquer de la droite, sous peine d'éloigner d'elle encore davantage les classes populaires. Elle s'est donc laissé imposer l'idée, contraire à la réalité, que la xénophobie d'en haut ne serait qu'un miroir tendu à la xénophobie d'en bas.
Elle hésite alors entre deux stratégies :
  • d'une part, imiter la droite, en reprenant par exemple le « cas par cas », mais « à visage humain », comme le faisait Ségolène Royal en 2007, et comme le fait aujourd'hui François Hollande ;
  • d'autre part, éviter le sujet. Pour l'instant, cette deuxième option est la stratégie dominante au PS.
Il suffit de voir comment la Fondation Terra Nova, proche de ce parti, a choisi, à ce jour, de ne pas publier la note consacrée à la politique d'immigration rédigée par l'économiste Mouhoub El Mouhoud. Quoi de plus inquiétant, en effet, qu'un expert légitime qui affirme avec force qu'il n'y a pas de « problème de l'immigration », et que le vrai « problème », c'est… la politique d'immigration ?
La semaine dernière, déconcerté par la question « êtes-vous pour l'immigration choisie », François Hollande répondait qu'il préférait l'expression « immigration intelligente » à « immigration choisie ». Comment interprétez-vous cette réponse ?
Manifestement, sur ce thème, François Hollande n'a guère envie de se mouiller… Qu'est-ce que ça veut dire, « immigration intelligente » ? Je n'en sais rien. Peut-être rien.
Pourtant, il serait difficile de croire que François Hollande ne se doute pas qu'un jour ou l'autre on va l'interroger sur l'immigration ! Le choix des mots trahit donc plutôt son désarroi : « immigration intelligente », à défaut de politique d'immigration intelligente...
Or, le seul moyen d'échapper au piège, ce serait de sortir du débat défini par la droite pour en refuser les termes. Bref, il faudrait refuser le « problème de l'immigration ».
Le plus frappant, c'est que la gauche le sait. La preuve ? Son soutien au droit de vote des étrangers s'avère payant : loin de lui coûter, ce choix rapporte aujourd'hui dans l'opinion, manifestement moins xénophobe qu'on ne veut nous le faire croire puisqu'elle y est très favorable.
Pourtant, la gauche n'ose aller plus loin, en poussant son avantage. Elle se veut raisonnable ; mais le problème n'est pas qu'elle vend son âme, mais plutôt qu'elle la vend sans nécessité, et sans en retirer de bénéfices…

Par rue89.com

Wade de moins en moins soutenu par les Occidentaux

Face au maintien de la candidature du président Abdoulaye Wade au scrutin présidentiel du 26 février et à la contestation de l'opposition, la communauté internationale prend ses distances.

La France et les Etats Unis ont pris ces derniers jours leurs distances avec le président sénégalais. Washington a souhaité voir un "passage de générations" à la tête de l'Etat sénégalais, tandis que le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a même assuré mercredi que "le message a été entendu à Dakar".

De son côté, le président sénégalais Abdoulaye Wade a comparé à une simple "brise" la manifestation de mardi contre sa candidature à la présidentielle, alors que l'opposition devait présenter jeudi un nouveau plan d'action. "Une brise est un vent léger qui secoue les feuilles des arbres, mais elle ne devient jamais un ouragan", a déclaré mercredi soir le président Wade, qui s'exprimait au cours d'une cérémonie publique à Dakar.

Dans un communiqué, le gouvernement a "condamné les actes de violence qui ont marqué le meeting du M23" et "regretté profondément les débordements qui ont malheureusement conduit à la mort" d'un jeune homme, "heurté accidentellement par un véhicule".

Commentant ces violences, la Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a exprimé sa "préoccupation" sur un "possible usage excessif de la force par les autorités".

Alors qu'il n'existe plus désormais aucun recours légal pour contester la candidature de Wade, les responsables du M23 multiplient les réunions depuis mardi, promettant "nouvelle stratégie" et "plans d'action" pour faire face à "la répression du gouvernement".

Par LEXPRESS.fr,

jeudi 2 février 2012

Racisme et sexualité : l'affiche étudiante qui fait débat en Afrique du Sud

L'Organisation étudiante de l'Alliance démocratique (Daso), un parti d'opposition, a présenté en Afrique du Sud une affiche controversée faisant partie de sa campagne contre le racisme. L'affiche, dont le slogan est « Dans NOTRE avenir, tu ne les snoberas pas », montre un couple mixte nu enlacé.
Cette affiche a provoqué pas mal de bruit sur Facebook, Twitter et la blogosphère ; des parodies sont également apparues. Voici quelques réactions que l'on a pu lire en ligne.


« Si vous prenez le temps de lire attentivement les commentaires sur Facebook, il est très intéressant de noter les différentes manières dont réagissent les Sud-africains à la même image : “C'est ringard et ça fait années 90” ; “c'est un portrait simpliste et blessant des relations interraciales” ; “c'est beau, on en redemande” ; “c'est répugnant, vous venez de perdre mon vote”. »
Jacques Rousseau écrit sur Synapses :
« Voilà ce que fait cette affiche : elle souligne tout simplement que certaines personnes méprisent les couples mixtes et rappelle que dans l'avenir parfait de Daso, cela n'arrivera pas. »
Baas De Beer remarque :
« Une telle campagne n'évitera jamais les critiques. Il y en aura toujours qui diront que c'est immoral, d'un caractère expressément sexuel, que cela transmet des messages contradictoires à la jeunesse.
A tous ceux-là, je réponds : réveillez-vous, on est en 2012 ! Il y a des spots publicitaires beaucoup plus audacieux qui font la promotion de tampons, chocolats ou même appareils photo.
Mais en aucun cas, l'affiche ne promeut la promiscuité sexuelle (rien ne vous dit que ces deux-là ne soient pas mariés – pour contrer un argument du Parti démocratique chrétien).
Le seul message que cette affiche combat, est celui de haine et de séparation entre deux adultes – l'un noir et l'autre blanc – qui sont encore coincés par des sermons datant de l'âge de pierre donnés à leurs enfants.
Si on considère le message proprement dit, je le trouve profondément respectueux et je pense qu'il était temps que quelqu'un le dise. Ce monde ne deviendrait-il pas meilleur si les gens arrêtaient de chercher l'erreur dans la vie d'autrui simplement parce qu'ils ont trop peur d'affronter leurs propres démons ?
Cette planète ne serait-elle pas plus joyeuse si la société au lieu d'exclure, incluait ? Si la race, la culture, le sexe et la religion n'étaient pas utilisés en tant qu'armes ?
Vous pouvez avoir votre propre opinion, mais elle s'arrête là : c'est VOTRE opinion. Si vous n'aimez pas les relations interraciales, ALORS N'EN AYEZ PAS. Facile, non ? »
« De toutes façons, les types de la Daso sont totalement sur UN AUTRE NIVEAU en introduisant ce thème dans leur affiche politique et en appelant l'attention sur UN SUJET TABOU, la société sud-africaine où UNE MAJORITÉ N'AIME PAS SE DÉMARQUER DANS LA SCÈNE POLITIQUE. »
Jaqamba jette un regard critique sur la Daso :
« A mon avis, la Daso et ses membres devraient avoir honte des affiches. Elles ne sont ni controversées, ni ne peuvent servir de référence dans le jugement des relations raciales en Afrique du Sud.
Dans toute société, indépendamment du degré d'intégration auquel elle prétend, il y aura toujours des conservateurs et des fondamentalistes.
De la même manière, il existe des Sud-Africains (blancs et noirs) qui tiennent fortement à leur point de vue pré-démocratique ou de l'époque de l'apartheid en ce qui concerne la race et la “moralité raciale”.
Cependant, puisqu'il n'existe aucune loi mettant en garde contre l'intégration raciale ou faisant la promotion de la pureté raciale, le débat reste d'actualité et le remettre en question ne sera aucunement bénéfique pour la société sud-africaine.
Pour un avenir dit progressiste, la Daso semble se contenter de remâcher sans cesse la même chose. »
Rosealix résume sur 10and5 :
« Tandis que les uns défendent sans concession l'idée, les autres sont convaincus que l'Alliance démocratique accuse les Sud-Africains d'être racistes ; tandis que les uns sont conservateurs et s'indignent de la nudité, les autres se demandent si la prochaine campagne n'inclura pas une histoire d'amour homosexuelle.
Certains disent que ça fait cliché, d'autres trouvent que le sujet n'est pas pertinent pour notre époque et pour tous ceux qui s'opposent aux normes du travail artistique, enfin les derniers se demandent pourquoi tant de remue-ménage. »
Mafedi Selepe observe :
« Avec l'impression que la Daso prétend probablement à un prix Nobel, il est difficile de se détacher de la fausse idée qui résulte d'une mauvaise interprétation du poster.
En ce qui me concerne, lorsque je m'assieds et que j'observe le poster d'un mauvais œil, j'utilise la même méthode apprise à l'école bourgeoise, et je parviens sûrement à la conclusion que la Daso essaye de nous dire que nous ne pouvons cohabiter que si nous sommes préparés à dire que l'homme blanc est supérieur à l'homme noir, perpétuant tout en l'infléchissant la société de voisinage selon Hendrick Verwoerd, qui reconnaît et admet les différences de cette nation colorée incomplète qui n'était autre qu'un rêve de Mandelas, Sisulus et autres héros et héroïnes. »
AKanyangaafrica identifie les conséquences de cette affiche polémique :
« Cette pub devrait, malheureusement, vous faire aimer encore plus les Sud-Africains, si ce n'était pas le cas.
Même les réseaux sociaux sont en ébullition, beaucoup haussent le ton pour clamer qu'ils ne sont pas racistes quand ils le sont.
Bien que les points de vue divergent sur le thème racial – mais on pouvait se rendre compte que beaucoup de personnes noires étaient plus en colère que les personnes blanches, ce qui prouvait bien que l'Alliance démocratique était loin d'être le parti d'opposition non-racial qu'il se prétend.
Peut-être que l'Alliance démocratique n'a pas accompli un de ses objectifs (celui de s'identifier en tant que parti non-racial) mais elle a réussi à ce que les Sud-Africains débattent sur le sujet polémique et épineux que représente celui de la race, et par la même occasion à dévoiler nos tendances racistes.
Selon Sarah Britten, le but des affiches était que nous les trouvions surprenantes ou offensives, ce qui impliquerait par conséquent que nous sommes “particulièrement conscients de la race” pour ensuite nous montrer que nous avons besoin d'une “rééducation” selon les “principes non-raciaux de l'Alliance démocratique” (c'est moi qui souligne). »
Tsholo décrit ce que voient les gens en regardant l'affiche :
« Mettre en évidence la race d'un individu ne permettra jamais de vaincre le racisme, à mon avis. Au final, parce que le poster parle des races, quand tu le regardes, tu vois une fille NOIRE et un gars BLANC, et pas simplement un couple. »
Toutefois, pour SihleMthembu la campagne a été une réussite :
« Personnellement, je pense que vous tous êtes en train de vous émouvoir pour rien, LOL. Qu'il s'agisse d'un gars noir et d'une nana blanche ou pas, le message serait le même.
Je crois que cette campagne est une réussite dans le sens que les gens en parlent. Je crois que l'idée est de franchir les barrières raciales… et à mon avis, ceux qui ont du mal à accepter cette campagne telle qu'elle est, sont ceux qui sont encore mal à l'aise avec les relations interraciales. »

Par rue89.com

Le franc CFA encore dans la zone des turbulences !

Le même scénario recommence comme en 1993, scénario qui a fini par accoucher de la dévaluation du Franc CFA en janvier 1994. Comme dans cette première dévaluation, les certitudes des technocrates se heurteront encore longtemps à l’entêtement des décideurs politiques qui savent bien que la dévaluation d’une monnaie commune est chose mal aisée et dangereuse : en l’occurrence, ça risque de faire imploser la zone franc, libérant le fameux franc CFA (dans ses deux présentations) de la tutelle du Trésor français ; tutelle que certains patriotes et intellectuels africains jugent pesante et humiliante.

Or, un divorce ne se réussit jamais à froid ; personne parmi les Chefs d’Etat du Pré carré n’a jamais ouvertement souhaité la fin de la zone franc, devenue par la suite la zone euro. Mais personne ne donnerait sa tête à couper pour maintenir en vie cette zone, l’une des dernières survivances des trouvailles « africaines et malgaches » de l‘ancienne puissance colonisatrice. En effet, la zone franc est devenue l’illustration parfaite de la politique hégémonique de la France sur ses ès-colonies, empêchant de ce fait l’accélération de l’intégration sous-régionale en Afrique de l’Ouest. On comprend donc que la menace d’une nouvelle dévaluation puisse jeter émois et craintes chez tous les francophiles, qu’ils soient de la génération paternaliste de la Françafrique ou sincèrement francophones. En effet, une nouvelle dévaluation fortifierait ipso facto les assauts de tous les ennemis, libéraux surtout, du maintien de la zone, et sa disparition au moins dans sa forme de monnaie sans personnalité internationale. Qui peut parier sur la survie de l’UEMOA dans sa forme actuelle si le franc commun n’est plus garanti par le Trésor français et s’il devient une monnaie non convertible ? Ce serait une belle opportunité pour le géant nigérian d’asseoir son hégémonie au sein de la CEDEAO et de parvenir à la création d’une monnaie sous-régionale ! L’alternative n’est certes pas plus réjouissante : est-il mieux de quitter le parapluie français pour venir s’abriter sous celui d’un pays en voie d’émergence certes, mais en définitive un pays sous-développé comme devant ? Plutôt la France que le Nigéria ou l’Afrique du Sud, telle serait la pensée secrète de la plupart des élites africaines francophones.

Et puis, à voir les difficultés actuelles de la zone euro dont la principale cause est la difficulté d’une politique monétaire commune, une zone monétaire de la CEDEAO ne créerait-elle pas beaucoup plus de problèmes qu’elle n’en puisse résoudre ? Ce qui est sûr, le simple bon sens ferait voir à tous les Africains, quelles que soient les professions de foi, que plutôt qu’une gestion de leur monnaie par le Trésor français, lui-même soumis aux dictats des partenaires européens de l’euro, il vaudrait mieux comme dans le cas de transfert de souveraineté lors de l’éphémère Communauté Franco-africaine, que le franc CFA, monnaie commune si possible aux anciennes colonies françaises d’Afrique, soit autonome de toute garantie du Trésor français. Il est temps que l’UEMOA prenne et assume la gestion pleine et entière du franc CFA en Afrique Occidentale. Idem pour l’Afrique centrale. Certes, l’ancien militant anti-impérialiste repenti que je suis devenu se méfie de toutes les prises de position alimentées par des surenchères idéologiques. On ne conduit pas une politique sereine avec des sautes d’humeur idéalistes. Avec sa célèbre phrase : « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’esclavage dans l’opulence », Sékou TOURE n’a guère fait progresser la cause du peuple guinéen en 1958 ; d’autant plus que moins de deux ans après, tous les pays africains de l’ex-A.O.F. et de l’ex-A.E.F. étaient contraints d’accepter l’indépendance de leur territoire !

Il n’était donc pas du tout réaliste de sortir avec fracas de la fameuse Communauté franco-africaine que tous les analystes de stratégie géopolitique savaient condamnée à terme parce que non viable : il fallait seulement patienter pour cueillir l’indépendance comme un fruit mûr, au lieu d’engager la Guinée dans une aventure sanglante dont elle peine à se relever ! Patience, chers concitoyens ; la zone franc est condamnée à plus ou moins brève échéance.

En tout cas, ce serait suicidaire pour n’importe quel pays actuel membre de cette zone de la quitter en solo et d’aller battre sa propre monnaie. Aussi toute philippique virulente contre le franc CFA dans son organisation structurelle actuelle ne sert-elle à rien : le Bénin seul ne pourra jamais quitter la zone franc sans se faire hara-kiri sur le plan financier et économique. Les débats houleux actuels sur l’opportunité ou non d’une dévaluation du franc CFA montrent bien à souhait que le ver est déjà dans le fruit.


Écrit par Dénis AMOUSSOU-YEYE

CAN 2012 : La Côte d’Ivoire bien placée, la Tunisie au révélateur ghanéen

Samedi 4 et dimanche 5 février, se déroulent les quarts de finale de la CAN 2012. Avec huit équipes pour quatre places, la phase finale de la compétition réserve quelques oppositions inédites et des retrouvailles entre vieilles et nouvelles gloires du football africain. Lumière sur ces rencontres couperets.

Zambie-Soudan, samedi à 17 heures à Bata

Zambie et Soudan s’affrontent pour le compte du premier quart de finale. Pas d’opposition de style en vue pour les deux équipes surprises de cette CAN mais un spectacle inhabituel dans la compétition, sans doute plus technique et beaucoup moins physique. Premiers de leur groupe de qualification, avec 7 points en trois matches, les Boulets de Cuivre espèrent être du métal dont on fait les demi-finalistes en s’appuyant sur leurs artilleurs Mayuka et Katongo. Un Soudan soudé veut, lui, croire en sa bonne étoile après s’être qualifié in extremis à la différence de buts au détriment de l’Angola (4 points tous les deux). Si l’opposition semble à priori manquer de clinquant entre les outsiders de cette phase finale, la perspective de voir l’une de ces deux équipes en demie vaut, à elle seule, le détour.

Côte d’Ivoire-Guinée équatoriale, samedi à 20 heures à Malabo

La Côte d’Ivoire va se mesurer à la Guinée équatoriale. Alors que le pays hôte fait figure de magasin de porcelaine pour des Éléphants ultra favoris, auteurs d’un sans faute (trois matches, trois victoires), qu’on ne s’y trompe pas, c’est avant tout par leur défense que les hommes de François Zahoui ont brillé. Mails ils faudra plus qu’une ligne défensive en peau de pachyderme aux compères de Drogba, décevant dans le jeu, pour aller chercher la qualification. La Guinée équatoriale compte, elle, sur son bouillant public pour accrocher la Selefanto à un tableau de chasse déjà garnis des Lions du Sénégal. Premier test sérieux pour sa génération dorée, c’est le match de tous les périls pour la Côte d’Ivoire, celui de tous les espoirs pour le Nzalang.

Ghana-Tunisie, dimanche à 20 heures à Franceville

Le Ghana et la Tunisie se rencontrent pour une place en demi-finale. Autre favori de la compétition, les Black Stars ont un statut à assumer après leur beau parcours (7 points en trois matches). Pour continuer à briller dans le ciel gabonais, les Ghanéens devront compter sur des frères Ayew au firmament de leur talent pour passer la rugueuse défense tunisienne. Les Aigles de Carthage, seconds logiques derrière le Gabon dans le groupe C (6 points), veulent perpétuer la tradition de victoire d’un pays arabophone dans les dernières éditions, et succéder à l’Égypte. Dans une position de challenger qu’ils affectionnent, les Tunisiens ont l’occasion de frapper un gros coups contre l’autre gros favori delà compétition.

Gabon-Mali, dimanche à 17 heures à Libreville

Gabon et Mali vont devoir se départager dans l’avant-dernier quart de finale de la CAN. Leader dans un fauteuil avec 3 victoires en autant de matches, les Panthères comptent sur leur Cousin d’Amérique, ou plutôt d’Europe, pour l’expérience et sur Aubameyang, pour marquer les buts. Il faudra des Maliens malins pour emporter dans leurs serres une qualification laborieusement acquise dans le groupe de la mort (Guinée, Mali, Ghana). Dans ce choc entre les deux plus grosses colonies "made in Ligue 1" les chances semblent équivalentes dans la confrontation la plus équilibré de la phase finale.

par Antoine Bruxeille

samedi 21 janvier 2012

Réponse d'un immigré à la Ministre des Sénégalais de l'Extérieur : Madame NDOYE, Non ! Je ne rentrerai pas. Je préfère l'enfer de l'Europe à ....

« L’Europe est finie, l’avenir c’est l’Afrique, l’avenir c’est le Sénégal, car ils (les Européens) pensent que ce sont les étrangers qui leur ont pris leur pain. Il faut que les sénégalais rentrent et viennent construire leur pays ». Un message très fort adressé aux Sénégalais de l'Europe par leur ministre de tutelle Madame Ngoné NDOYE . Permettez-moi, Madame Ngoné NDOYE de vous adresser ces quelques lignes en tant qu'immigré sénégalais en Europe !
Ces derniers jours, la diaspora sénégalaise a été durement éprouvée par les nombreux assassinats de nos compatriotes en Europe notamment en Italie et en Espagne. Les Sénégalais Mor DIOP et Modou SAMB ont été froidement abattus par un italien présenté comme un militant d'extrême droite au nom de Gianluca Casseri.Une expédition meurtrière qui émut tout les sénégalais particulièrement les immigrés d'Europe. Ce fût l'émoi et la consternation. Rien ne peut expliquer cet effroyable homicide. L'acte est ignoble et fortement choquant. L’Europe est devenu le cimetière des immigrés d'Afrique noire. L'immigré est devenu l'indésirable de la république surtout quand il est dans une situation irrégulière. Le vase est quasi-plein pour sortir  tout africain et en particulier tout sénégalais de ses gonds. Je comprends votre inquiétude mais au delà du constat, votre appel au retour me sidère.

Il est indéniable que les européens souffrent depuis quelques années du marasme économique qui étrangle leurs pays. L'Espagne et l'Italie ont été fortement fragilisées par la crise financière à telle enseigne que les nationaux ne savent plus à quel saint se vouer. Dans n'importe quel coin du monde, quelle que soit la race, quand les carottes sont cuites, on s'en prend aux autres à des degrés divers. Par l'autre, il faut comprendre l'étranger...On le voit comme l'envahisseur. Celui qui vient nous prendre notre pain ou simplement la cause de tous nos maux. Plusieurs de nos compatriotes peuvent témoigner de cette xénophobie ambiante qui circule en Europe depuis quelques années. Mais que cela ne nous surprend pas, cette xénophobie a toujours existé depuis des lustres. Les mentalités de certaines couches sociales changent aux grès du métissage et de la mondialisation. Malgré cela, le racisme a la peau dure en Europe. Madame la Ministre, votre constat est indéniable... Mais, votre appel est irrespectueux. Irrespectueux parce que vous nous appelez à revivre l'enfer que vous, politiciens êtes parvenus à créer dans notre pays. Et dites moi, qu'a faite la diplomatie sénégalaise pour faire respecter les droits de ses filles et fils de l'étranger ? Avez-vous de manière diplomate combattu vaille que vaille pour le respect des droits de vos concitoyens en Europe ? NON, Madame, vous en êtes incapable. Si nous sommes devenus indésirables en Europe, c'est la faute à nos gouvernants, incapables de tenir tête aux pays d'Europe... Sinon pourquoi acceptez d'être la terre d'accueil des expulsés d'Europe ? Combien de meurtres de sénégalais dans des conditions suspectes sont restés impunis ?

Que l'Europe soit constipé économiquement, c'est une vérité irréfutable ! Que notre ministre ( Sénégalais de l'Extérieur ) serve ce plat de manière délavée et nous somme de rentrer illico presto, cela s'apparente à du " foutage de gueule". Quant on a rien à dire, on se tait comme le dit un vieil adage. Les Modou-modou pour paraphraser le commun des sénégalais sont les premiers à prendre conscience des difficultés de l'Europe. L’Europe n'enrichit plus son immigré. Le travail y est devenu très dur sinon mal rémunéré. Les régularisations se sont réduites considérablement entrainant une fragilisation des situations des uns et des autres dans l'immigration. La crise du logement a précipité le parcage des familles immigrées dans les quartiers périphériques avec son festival de problèmes. Elle a également obligé les immigrés africains à vivre à plusieurs dans des chambres, souvent minuscules, dans les grandes villes. D'ailleurs, ce n'est plus un secret pour personne. Même nos parents en Afrique ont échos de la vie très difficile dans les foyers européens notamment français. Les conditions de vie sont devenues trop dures en Europe. C'est peu de le dire. Les dernières tendances économiques confirment la décadence de l'Europe. A part l'Allemagne, la France et ses autres voisins tirent le diable par la queue. L'immigration est devenue leur " Punchingball ". Que de slogans tapageurs dans leurs politiques d'immigration ! C'est connu quand les choses sentent mauvaises, c'est toujours la faute aux étrangers. Les pays comme la France et l'Italie font de la chasse à l'immigré leur cheval de bataille. Bref, l'immigré surtout africain n'est plus le bienvenu en Europe. Mais, ces pays n'ont - ils pas également des immigrés ailleurs dans le monde ? Combien d'Européens en Amérique et en Asie ? Et même, le racisme ambiant est-il l'apanage des seuls européens ? Que disent les sénégalais des "Niaks" ? De pensent les Angolais, Mozambicains et les Ivoiriens des autres africains, immigrés dans leurs pays ? La xénophobie est universelle. Elle existe partout dans le monde.

Revenons à nos moutons ! Les émigrés Sénégalais doivent rentrer pour construire le Sénégal selon Madame NDOYE. Cette sortie de notre ministre des Sénégalais de l'Extérieur  Ngoné NDOYE sur les immigrés sénégalais en Europe , " vaches laitières ",  est à mon avis, très maladroite. Cette phrase débitée dans les colonnes d'un site internet « L’Europe est finie, l’avenir c’est l’Afrique, l’avenir c’est le Sénégal, car ils (les Européens) pensent que ce sont les étrangers qui leur ont pris leur pain. Il faut que les sénégalais rentrent et viennent construire leur pays » écœure. Cela veut-il dire que nous, immigrés, nous ne contribuons aucunement à la construction du Sénégal et de notre cher Afrique ? Depuis mes années de lycée, mes professeurs de Géographie m'ont toujours appris que l'émigration constitue une richesse pour un pays dans le sens qu'elle fait rentrer des devises conséquentes dans l'économie nationale. Sinon, à quoi servirait la banque de l'Habitat si on lui enlève cette mission de conversion des devises des émigrés en richesse nationale par exemple ?

Depuis des années, les émigrés sont devenus le fer de lance de l'économie Sénégalaise. Un tour dans certaines localités abandonnées par les nombreuses politiques nationales donnera le pouls quant à l'importance des émigrés dans notre économie nationale. Plusieurs villages et villes du Sénégal bénéficient de structures sanitaires et éducatives grâce à la seule émigration. Pour apporter de l'eau à mon moulin, je donnerai un petit aperçu du mode de fonctionnement des immigrés Sénégalais en Europe. Savez-vous que chaque immigré est imposable de son village d'origine du Sénégal en tout cas chez les Soninkés et les Halpullars ? Dans plusieurs communautés sénégalaises en Europe, chaque immigré doit s'acquitter d'une cotisation mensuelle, bi-mensuelle voire trimestrielle destinée à la ration alimentaire et à l'entretien de la famille restée au village. Quelle que soit sa situation financière, l'immigré est obligé de contribuer à cet effort social souvent au détriment de son propre confort. En plus de cet " impôt" social à l'africaine, chaque immigré est obligé de participer aux nombreux projets de développement de son village ou ville d'origine. Les fameuses caisses villageoises dans l'immigration, autrefois destinées au rapatriement des corps en cas de décès, sont devenues les principales sources de richesse de nos localités. Dans plusieurs zones rurales, les émigrés ont fortement contribué à l'amélioration des conditions de vie des populations. Cet effort incommensurable envers les familles et les terroirs impose des sacrifices énormes. Nous avons émigré parce que l'Etat a failli à sa mission depuis des lustres. L'alternance n'y a rien changé. Nous avons préféré émigrer parce que le pays est pris en otage par un clan de mafieux, motivés par la course aux richesses. Nous avons émigré parce que nous avions eu ras de bol de voir nos familles vivre l'enfer sur terre alors que d'autres Sénégalais jouent avec nos maigres CFA. Ainsi explique en partie pourquoi nous bravons le froid pour venir courber nos échines en Europe.  Ceci explique également pourquoi nous acceptons l'inacceptable à l'étranger.

Combien d'immigrés ont dormi le ventre vide parce que tout le salaire a été envoyé au pays ? Combien de nos concitoyens ont vu leur rêve brisé parce que soucieux du bien-être de la famille dans son grand ensemble ? Ils ont mobilisé leurs économies pour soigner, alimenter les familles en se privant des bonnes choses de la vie ? Combien d'immigrés ont bousillé leur santé au nom du seul confort de la famille sénégalaise ? Madame la Ministre, avez-vous pensé à la solitude de tous ces hommes mariés qui ont laissés femmes et enfants au pays ? Viendraient -ils braver le froid polaire et accepter l'inacceptable si le Sénégal était bien géré ? Combien de sénégalais ont perdu la vie dans les pirogues en partance pour l'Europe parce qu'ils voulaient seulement venir en aide à leurs familles ? Je ne cautionne pas ce mode opératoire, mais je le comprends. Les Wolofs disent " Niak Pékhé Pékhé la ".  Personne n'émigre au prix de sa vie pour les beaux yeux de l'Europe. Rassurez-vous, nous ne sommes pas des sadiques !

Madame, la Ministre, ceci dit, je ne rentrerai pas au bercail. Je ne rentrerai pas parce que justement l'avenir de mon pays est compromis. Cet avenir dont vous parlez est inexistant. Ce futur est sombre. On a pas besoin d'une loupe pour savoir que le Sénégal glisse inexorablement dans un chaos économique et social. Votre parti a volé nos rêves. Votre président, je dis bien votre président, parce que ce dernier montre tous les jours qu'il n'est pas le président de tous les Sénégalais, a bousillé l'avenir de toute une génération.

Au moment où il fallait investir pour l'emploi et l'amélioration des conditions de vie, ce dernier avait préféré construire des monuments, des théâtres... Au moment où il fallait construire des hôpitaux et renforcer les écoles et les universités, ce " singe " avait préféré distribuer nos ressources à son clan. Combien de millionnaires l'alternance a fabriqué de manière malhonnête ?  Economiquement, mon Sénégal agonise. Mon pays est pris en otage par un clan mafieux dont vous êtes un des maillons. Je ne quitte pas l'enfer européen parce que mon pays n'arrive pas à assurer un Watt au tailleur, au menuisier métallique, au gérant de cyber café... Je préfère crever en Europe que de venir assister au désespoir de ma famille parce que je n'aurai pas été capable de lui assurer les trois repas quotidiens. Je préfère croiser les regards racistes des européens que de venir cohabiter avec des sénégalais d'un type nouveau, arrogants et hautains, qui dilapident les deniers publics au vu et au su de tous.

Madame, qu'ont faits vos gouvernements respectifs pour panser nos plaies sociales ? Allez faire un tour dans nos villages, et s'il vous plaît relever les réalisations de l'alternance ! Si vous en trouvez une réalisation utile de votre gouvernement, je prendrai le premier vol CORSAIR pour le Sénégal. Les écoles, c'est nous. Les dispensaires et centres de santé, c'est le fruit de notre labeur... J'en passe. Le régime de l'alternance n'a même pas  été capable de rénover les structures existantes qui sont aujourd'hui en état de délabrement très avancé.

Je conclus qu'au moment où je vous parle. Le Sénégal n'est pas l'avenir. L'Afrique n'est pas l'avenir. Par chauvinisme, j'aurai aimé clamé cela haut et fort ce slogan. Mais, vous conviendrez avec moi que le Sénégal et L'Afrique sont pris en otage par des affamés du pouvoir de la trempe d'Abdoulaye Wade. Comment voulez-vous parler d'avenir dans un pays où mêmes les éminents constitutionnalistes sont incapables de dire non à un homme qui se contrebalance des lois de la république ? Le Sénégal serait l'avenir si vous étiez vous même capable de dire " Non à la candidature d'Abdoulaye Wade " . N'avez-vous pas vu comment la côte d'ivoire, jadis pays à l'avenir prometteur, a sombré dans le chaos par la faute de ces politiciens véreux ? L'avenir ne coexiste pas avec la corruption, l'incompétence et le vol...Pardonnez-moi d'être pessimiste, dans l'état actuel des choses, l'avenir c'est ailleurs.  Le Sénégal serait l'avenir si le tailleur avait de l'électricité. Il serait l'avenir si la corruption foutait le camp. Notre pays serait l'eldorado si vous, politiciens, arrêtiez de voler l'argent du contribuable. Il serait l'avenir si les jeunes croulaient sous le poids des offres d'emploi. On pourrait parler d'avenir si l'université n'était pas une machine à fabriquer des chômeurs...

Dans ma petite vie d'immigré, j'arrive à faire bouillir la marmite de ma mère, soigner les maux de ma famille, payer les études de ma fratrie et surtout participer au développement de ma commune d'origine donc du Sénégal. Alors, Madame, permettez-moi de décliner gentiment votre appel citoyen à la limite inacceptable ! Vous aidez peut-être des Sénégalais à rentrer  au bercail, mais encore faut-il que ce soit naturel sans aucun calcul politique !

Samba Fodé KOITA dit EYO , www.bakelinfo.com