mercredi 4 janvier 2012

Afrique en marche

Le président sénégalais réitère sa disponibilité à poursuivre le dialogue avec la rébellion de Casamance

DAKAR -- Le président sénégalais Abdoulaye Wade, a réitéré sa disponibilité à poursuivre le dialogue avec le Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (MFDC, rébellion), en vue d'une solution pacifique à la crise politico-militaire qui secoue le sud du pays depuis 1982. "Une fois de plus, je réitère la disponibilité du gouvernement à poursuivre le dialogue avec le MFDC pour une solution pacifique de la crise et à mettre en œuvre les mesures de réinsertion sociale en faveur de tous ceux qui acceptent de déposer les armes, a-t-il affirmé dans son message à la nation à l'occasion du nouvel an.

Nigeria : le président Jonathan promet une meilleure sécurité en 2012

ABUJA -- Le président nigérian Goodluck Jonathan a promis dimanche d'améliorer les conditions de vie et de renforcer la sécurité des Nigérians et de leurs propriétés en 2012. Dans son message de vœux à l'occasion de Nouvel An, le président Jonathan a appelé ses compatriotes à ne pas perdre espoir à cause des défis actuels auxquels est confronté le pays, affirmant que son gouvernement était prêt à les relever. En dépit des défis de 2011, le Nigeria a réalisé des développements remarquables et positifs, a-t-il déclaré.

Burundi : le président Nkurunziza insiste sur un dialogue inclusif

BUJUMBURA -- Dans son message à la nation du 31 décembre 2011, le président burundais Pierre Nkurunziza a réitéré le refus de son gouvernement de dialoguer seulement avec un groupe isolé d'hommes politiques. Ces hommes politiques "demandent le dialogue et refusent de s’asseoir avec les autres politiciens ou frères burundais. Nous leur rappelons la position qui est la nôtre : nous ne ferons pas de dialogue avec un groupe isolé en excluant les autres et nous ne tomberons jamais dans le piège de faire que les politiciens se prétendent être au-dessus des autres citoyens burundais", a déclaré le président Nkurunziza.

Sénégal : Wade affirme sa volonté d'organiser une élection présidentielle sans problèmes

DAKAR -- Le président sénégalais Abdoulaye Wade a assuré samedi, dans son message de nouvel an, sa volonté d'organiser une élection présidentielle sans problèmes en février 2012. "Je m'acquitterai de mon devoir constitutionnel de garant du fonctionnement régulier des Institutions et de l'ordre public pour la bonne tenue d'élection, de sorte qu'au lendemain du scrutin, chacun puisse vaquer librement à ses occupations", a-t-il affirmé. Il a ajouté que la violence, sous quelque forme que ce soit, est "inacceptable ".

Par afrinfos

Football / CAN 2012 / Encadrement technique des 16 sélections : Huit Africains contre huit expatriés


Sur les seize sélectionneurs qui vont rivaliser de technicité à la 28ème Coupe d’Afrique des nations, du 21 janvier au 12 février 2012, en Guinée Equatoriale et au Gabon, huit sont Africains, sept Européens et un Brésilien. Lequel de ces techniciens va succéder à l’Egyptien Hassan Shehata, vainqueur en 2010 en Angola avec l’Egypte? Zoom sur ces hommes de banc.
Une compétition de football ne se gagne pas seulement sur le rectangle vert avec les vingt deux acteurs. A valeur égale des équipes sur la pelouse, le banc de touche fait, très souvent, la différence. La vision du jeu, le coaching, la gestion du groupe et des moments clés du match par un technicien, peuvent faire triompher son équipe. Du 21 janvier au 12 février 2012, ils seront sur le pont en Guinée Equatoriale et au Gabon. Qui sont ces techniciens qui vont guider les destins de seize pays qualifiés pour cette 28ème édition de la Coupe d’Afrique des nations ?
Côte d’Ivoire : François comme Yéo ?
Il succède à Sven Göran Eriksson sur le banc des Eléphants. Il sera à sa première expérience dans les vestiaires de la Côte d’Ivoire à une Can. François Zahoui, 50 ans, est un « bleu » à la tête d’un ancien groupe expérimenté. Il a la lourde tâche d’en faire une équipe compétitive capable d’offrir son 2ème titre continental à la Côte d’Ivoire. Enorme défi. S’il le réussit, il sera le 2ème Ivoirien à offrir la Can à son pays après Yéo Paul Martial en 1992.

Angola : le défi de Lito Vidigal

Après sa carrière en Angola, Lito Vidigal, 41ans, a entraîné des équipes au Portugal avant de retourner au bercail où il est nommé sélectionneur de son pays. Le parcours de l’Angola n’a pas été excellent aux éliminatoires de la Can 2012. Mais le remplaçant de Zeca Amaral compte relever le défi après le raté de 2010 à domicile.

Soudan : que vaut Mohamed Abdullah ?

Le Soudan, vainqueur de la Can 1970, est à la recherche de son passé glorieux. Les « Faucons du désert » étaient présents à la Can 2008. Ils n’ont pas franchi le premier tour. Qu’en sera-t-il cette année à Malabo avec le coach Mohamed Abdallah dit Mazda ? Un Soudan qui compte jouer les trouble-fêtes dans la poule B.

Sénégal : Amara Traoré sous pression

C’est le moral haut et dégagé que Traoré Amara va conduire les Lions à la 28ème Can. A la tête de la sélection sénégalaise depuis 2009, il a prolongé son bail jusqu’en décembre 2014. Et il a exigé une revalorisation salariale acceptée par le ministère des sports sénégalais. En retour, il espère disputer au moins la finale, voire la gagner.

Niger : Doula, un bleu à la tête des bleus !

La qualification osée et historique (la première) du Niger à une phase finale de Coupe d’Afrique sous la houlette de Doula Arouna, a amené la Caf à élire ce technicien, meilleur entraîneur d’Afrique de l’année 2011. Et voilà ce bleu à la tête d’un groupe bleu. Surprendront-ils à la Can comme ils l’ont fait en éliminant l’Egypte ?

Tunisie : Sami Trabelsi, faire mieux qu’en 2010

De grosses rumeurs l’avaient démis de ses fonctions à la tête des Aigles du Carthage. Mais Sami Trabelsi a été confirmé par la fédération tunisienne. Quart de finaliste en 2010 en Angola, la Tunisie compte faire mieux en 2012 avec lui. Sa préparation a débuté hier à Alger. Il la poursuit à Dubaï avant un match test contre la Côte d’Ivoire le 13 janvier à Abu Dhabi.

Guinée Equatoriale : Casto Nopo, le pompier

Le ministre des sports équato-guinéen, Francisco Pascual Eyegue Obama Asue, a eu marre des états d’âme d’Henri Michel. Après une première démission le 19 octobre, le Français a claqué une seconde fois la porte, le 21 décembre, à la tête du Nzalang Nacional. C’est en colère qu’il a copté Casto Nopo comme sélectionneur de la Guinée Equatoriale. Il sera à la tête d’un collège de quatre entraîneurs dont un chargé des gardiens de but. Un vrai pompier.

Botswana : Stanley à la découverte de la Can

Avant 2012, la sélection nationale du Botswana n’avait jamais participé à une phase finale de la Can. Elle sera à sa première compétition en Guinée Equatoriale et au Gabon avec Tshosane Stanley comme sélectionneur. Un baptême du feu pour ce technicien local et son pays. Stanley n’a pas de défi particulier à relever. En se qualifiant, il en a déjà relevé un grand.

Gabon : Gernot Rohr veut la Can

En paraphant un contrat de 2 ans en 2010 avec les Panthères du Gabon, Gernot Rohr, veut marquer sa première sélection. Le technicien allemand s’est donné tous les moyens pour réussir. Daniel Cousin et ses coéquipiers partagent les ambitions de l’ancien défenseur de Bordeaux.

Ghana : Goran croit en ses stars

La reconnaissance du Ghana comme meilleure équipe de l’année 2011 par France football, aiguise l’appétit du technicien Serbe, Goran Stevanovic pour la Can 2012. A 44 ans, l’ancien entraîneur adjoint de la Serbie Monténégro a des envies de grandeur. Et il compte sur ses « Black stars ».

Libye : Marcos Bekita veut terminer en beauté

Il a réussi à qualifier la Libye malgré la crise que le pays a traversée. Le technicien brésilien, Marcos Betika, est toujours à la manœuvre. Il espère terminer en beauté.

Burkina : Duarte jusqu’au bout ?

A la tête de la sélection burkinabé depuis 2007, Paulo Duarte a réalisé un bon travail. Le technicien portugais veut donner une autre dimension aux Etalons. Il a battu le rappel de ses troupes. Il attend avec impatience le coup d’envoi.

Maroc : Gerets, réconcilier les Lions avec le peuple

Avec ses qualités, Eric Gerets a l’intention de réconcilier les Lions de l’Atlas avec le peuple marocain. A la tête de la sélection depuis juillet 2010, il espère faire oublier les piètres résultats de l’équipe ces dernières années.

Mali : Giresse souhaite redécoller avec les Aigles

Après 4 ans à la tête des Panthères du Gabon, Alain Giresse, 59 ans, se retrouve sur le banc des Aigles du Mali en 2010. Avec une nouvelle envie : aller plus cette fois-ci avec le Mali. Avec Seydou Kéita, Frédéric Kanouté, c’est possible.

Guinée : Michel Dessuyer bosse dur

Après avoir lâché la liste de ses soldats, Michel Dessuyer, s’est mis rapidement au travail. L’ex-adjoint d’Henri Michel avec les Eléphants (2006) souhaite redresser une équipe guinéenne en perte d’identité et gagner l’estime du peuple guinéen.

Zambie : le même Hervé Renard

Nommé à la tête de l’équipe nationale de Zambie en 2008, Hervé Renard quitte l’encadrement technique en avril 2010. Après deux ans passés en Angola, le technicien retourne chez les Chipolopolo. Il espère bousculer la hiérarchie et aller le plus loin possible.
Tibet Kipré, Moïse N’guessan

mercredi 21 décembre 2011

Joueur africain 2011 : les finalistes sont André Ayew, Seydou Keita et Yaya Touré

La Confédération africaine de football (CAF) va désigner le joueur africain de l’année 2011 lors des Trophées de la CAF, ce mercredi 22 décembre 2011 à Accra au Ghana. Les trois finalistes sont le Ghanéen André Ayew, le Malien Seydou Keita et l’Ivoirien Yaya Touré. Samuel Eto’o et Moussa Sow ont été écartés de la liste des nominés par la CAF. Voici les forces et faiblesses de chaque candidat.

 

André Ayew : au nom du père
André Ayew vient d’être élu meilleur joueur africain de l’année 2011 lors d’un vote organisé par nos confrères de la BBC. Un signe ? A 22 ans, le milieu de terrain n’est plus un espoir mais un pilier de l’Olympique de Marseille et de l’équipe du Ghana. Il conduira des Black Stars, favoris de la CAN 2012, au Gabon et en Guinée équatoriale. Pisté par plusieurs grands clubs en Europe, André Ayew a pourtant prolongé jusqu’en 2015 avec l’OM. « Dédé » marche décidément dans les pas de son père Abédi « Pelé » Ayew, joueur vedette de l’OM dans les années 90 et triple « Ballon d’Or africain » - distinction disparue - en 1991, 1992 et 1993.
Question talent, André Ayew est un postulant sérieux au titre de joueur africain 2011 décerné par la CAF. Le Ghanéen souffre, en revanche, des résultats contrastés de Marseille. Le club phocéen n’a gagné que deux trophées mineurs cette année : le Trophée des champions et la Coupe de la Ligue.
Seydou Keita : le label FC Barcelone
C’est un paradoxe : Seydou Keita joue moins au FC Barcelone et, pourtant, le Malien n’a jamais semblé aussi proche du titre de joueur africain de l’année. Les grands noms du continent, Drogba, Essien, Eto’o, ont connu plus de difficultés que le milieu de terrain. Si Cesc Fabregas, transféré au Barça, n’avait pas relégué Keita au statut de douzième homme, l’ex-Marseillais et Lensois, serait sacré avant l’heure.
A 31 ans, Seydou Keita conserve une attitude irréprochable et un talent intact. Il reste l’un des joueurs préférés de Pep Guardiola, l’entraîneur du FC Barcelone, et Alain Giresse, le sélectionneur des Aigles et ravi de pouvoir compter sur lui pour la CAN 2012. Le natif de Bamako peut aussi se targuer d’un palmarès fantastique en 2011 avec un Championnat d’Espagne, une Super Coupe d’Espagne, une Ligue des champions Uefa, une Super Coupe d’Europe et une Coupe du monde des clubs Fifa.
Yaya Touré : un « Citoyen » libéré
En quittant le FC Barcelone pour Manchester City en juillet 2010, Yaya Touré avait fait naître des regrets. Le milieu de terrain laissait le meilleur club du monde - un peu forcé par l’entraîneur Pep Guardiola - pour un club de « nouveaux riches ». Un an et demi plus tard, l’Ivoirien justifie pleinement son choix. Son palmarès ne s’est enrichi que d’une Coupe d’Angleterre mais Yaya Touré est devenu le patron à Manchester City. Chez les « Citizens », l’Eléphant s’est libéré : il tacle et récupère toujours mais il relance aussi, perfore les défenses, délivre des passes décisives et marque des buts. Il a d’ailleurs offert la Cup 2011 à son équipe, en finale, face à Stoke City (1-0).
Au Barça, Yaya Touré faisait presque figure de joueur limité techniquement - un comble. En Angleterre, l’ex-pensionnaire de l’ASEC Mimosas a considérablement étendu son registre. Aujourd’hui, les Citizens sont premiers du Championnat d’Angleterre. Yaya Touré va donc débuter la CAN 2012 en grande forme et en pleine confiance.

Meilleur ministre des finances d’AFRIQUE: Abdoulaye DIOP honoré à LONDRES

 C’est devant un parterre de qualité, composé d’ambassadeurs africains dont notamment celui de la Côte d’Ivoire, des représentants d’institutions internationales, du président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, de directeurs généraux sénégalais, de membres du patronat sénégalais et du secteur Privé international établis en Angleterre, des parents et amis, de proches collaborateurs, etc., que le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie et des Finances Abdoulaye Diop a reçu le prix de «Meilleur Ministre des Finances d’Afrique, Edition 2012 », décerné par « The Banker », le très réputé magazine financier et bancaire édité par le Financial Times.

Ainsi, ce prix, comme l’a précisé Brian CAPLAN, Rédacteur en Chef du « Banker » récompense les efforts et les résultats d’un homme à la tête d’un ministère au niveau duquel, il a su impulser de nombreuses réformes, qui valent aujourd’hui au Sénégal, une attention particulière des partenaires au développement et du secteur privé financier international.
C’est dans une des salles du majestueux établissement londonien, le Land Mark Hotel, que s’est déroulé la cérémonie, sobre mais très sympathique, au cours de laquelle, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, a reçu le prestigieux prix de « Meilleur Ministre des Finances d’Afrique, Edition 2012 », décerné par le magazine international « The Banker », édité par le groupe du Financial Time (FT).

Reconnaissant à l’endroit de l’homme qui lui a toujours témoigné sa confiance et qui lui a permis de faire éclore ses compétences, Abdoulaye Diop a rendu un vibrant hommage au chef de l’Etat : « Meilleur ministre des Finances d’Afrique», oui je dis bien nous, nous parce que ce sacre salue la vision d’un homme, celle de Monsieur le Président de la République du Sénégal, Maître Abdoulaye Wade, qui a compris très tôt que le Sénégal peut jouer un rôle important dans l’échiquier mondial ». Il n’a pas manqué aussi de souligner que « ce prix magnifie le travail d’une équipe, celle composée par les dévoués et loyaux hommes et femmes du ministère de l’Economie et des Finances, mais aussi et surtout honore la grandeur d’un peuple, le vaillant peuple sénégalais ».

Il a tenu à apporter une précision, soulignant avec force : « je ne dédie pas ce prix à Monsieur le Président de la République, au Gouvernement et aux agents du ministère de l’économie et des Finances parce que tout simplement ce prix est le leur, car il salue la haute et pertinente vision du Chef de l’Etat et reconnaît le travail du Gouvernement et des agents du ministère de l’Economie et des Finances ».

« Cette distinction, prestigieuse pour tout Ministre des Finances, consacre le travail inlassable abattu pendant une décennie, par le Ministre d’Etat Abdoulaye Diop, qui a su impulser des dizaines de réformes économiques, financières et fiscales », dira en substance, le rédacteur en chef du « Banker ». Sur cette appréciation, Abdoulaye Diop a répondu : « le Sénégal a choisi. Les Sénégalais aussi ; ils ont choisi de travailler, de travailler pour leur pays, de travailler pour leur peuple, de travailler pour leur continent, de travailler pour ne tout simplement pas rater le train du développement ». Aussi, sur l’appréciation du travail mené par le Gouvernement, il a annoncé avec fierté « le Sénégal est déjà dans un wagon du train du développement car ayant été classé par la Banque Mondiale, pays à revenu intermédiaire. C’est dire que nos efforts ne sont pas vains ».

Auparavant, il s’était prêté à un jeu de questions d’investisseurs étrangers basés à Londres intéressés par les opportunités d’affaires au Sénégal et qui ont été séduits par l’opération d’emprunt obligataire de 500 millions de dollars que notre pays avait brillamment lancée sur la place financière de Londres.

Profitant de l’occasion, Abdoulaye Diop a fait un plaidoyer pour « nos jeunes nations et nos fragiles économies, mais aussi et surtout solliciter l’accompagnement de tous et de chacun des investisseurs et de nos partenaires techniques et financiers ».

Il a aussi remercié le marché financier international qui, à travers la place financière de Londres, a permis au Sénégal de réussir un emprunt de 500 millions de dollars cette année. Son sentiment est que les ressources financières mobilisées au plan interne comme au niveau international visent à répondre aux besoins des sénégalais.

« Notre volonté est sans limite, notre motivation inestimable, notre abnégation constante et notre détermination quotidienne, car nos populations méritent de vivre plus, elles méritent de vivre mieux en ayant accès à des soins de qualité, une éducation adaptée, des infrastructures de dernière génération, de l’eau potable, de l’électricité à tout instant etc., » dira le Ministre des Finances.



De notre envoyé spécial Cheikh THIAM

lundi 19 décembre 2011

Etienne Tshisekedi : Le "vrai président" de la RDC ? (Afrik.com 19/12/2011)


 L’opposant historique Etienne Tshisekedi s’est autoproclamé dimanche président de la République démocratique du Congo (RDC). Alors que la victoire de son rival Joseph Kabila a été officiellement confirmée le 16 décembre par la Cour suprême de justice, il a annoncé son intention de prêter serment vendredi prochain.
Etienne Tshisekedi ne capitule pas. L’unique président de la République démocratique du Congo (RDC), c’est lui. Le chef de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UPDS) en est convaincu. Il s’est autoproclamé président dimanche. Bien que la victoire de Joseph Kabila à la présidentielle du 28 novembre ait été confirmée par la Cour suprême de justice le 16 décembre, il prêtera serment vendredi prochain devant le peuple au Stade des Martyrs », à Kinshasa, a-t-il annoncé. « Tirant les leçons de la démocratie pour laquelle nous nous sommes battus 30 ans durant, c’est-à-dire le respect de la volonté du peuple souverain, je me suis considéré depuis lors comme président élu par le peuple congolais de la République démocratique du Congo », a déclaré l’opposant à l’extérieur de sa résidence, où quelques 200 militants scandaient « Tshisekedi président ! ».

« Je suis président élu par le peuple congolais de la République démocratique du Congo »
Ce n’est pas la première fois que l’opposant historique s’autoproclame président. Il n’a jamais accepté les résultats publiés le 9 décembre par la Commission nationale indépendante (CENI), qui ont donné une large victoire au président Kabila avec 49% des voix, alors que lui arrivaient en seconde position avec 33% des suffrages. Etienne Tshisekedi a annoncé le même jour que c’est lui le véritable chef d’Etat de la RDC et que « les résultats diffusés par CENI ne représentaient pas la réalité des urnes ». Multipliant les provocations, son directeur de cabinet, Albert Moleka, a immédiatement donné le ton, lançant un « bienvenue à la présidence de la République » aux journalistes et aux dizaines de partisans réunis dans le jardin de la villa du leader de l’UPDS. Etienne Tshisekedi a d’ailleurs appelé le peuple congolais à « protéger sa victoire à travers des marches pacifiques » mercredi 15 décembre.

De son côté, le parti au pouvoir a qualifié le discours du chef de l’UPDS d’une « énième vaste blague », a indiqué d’Aubin Minaku, secrétaire général de la majorité présidentielle. Selon lui, « il est en train d’exercer une réelle rébellion contre les institutions de la république établies ». Malgré les multiples critiques du pouvoir à son encontre, l’opposant historique âgé de 79 ans semble bien décidé à diriger la RDC. Pas plus tard que samedi, les membres de son parti ont appelé leurs militants à manifester pour dénoncer des fraudes dans le scrutin. Mais le candidat malheureux a précisé qu’il n’avait « pas besoin » d’appeler le peuple à manifester. Il a en revanche demandé aux Congolais « de garder leur calme et leur sérénité (...) et de créer un climat de confiance dont les investisseurs ont besoin ». Ces propos montrent bien qu’Etienne Tshisekedi ne compte pas capituler.

Par africatime

Côte d'Ivoire : un rapport d'ICG dénonce la criminalisation de l'armée ivoirienne Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Côte d'Ivoire : un rapport d'ICG dénonce la criminalisation de l'armée ivoirienne

Le dernier rapport d’International crisis group (ICG) est pour le moins accablant pour les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). L’Organisation non gouvernementale internationale dénonce une criminalisation de l'armée et invite le président Alassane Ouattara à affirmer son leadership sur la question de la sécurité en Côte d’Ivoire.

Racket, trafic de voitures volées en direction des pays  voisins de la Côte d’Ivoire, indiscipline, criminalisation, mafia. Tous les maux ou presque y passent. Dans ce rapport publié à Dakar et à Bruxelles, le vendredi 16 décembre, et intitulé « Côte d’Ivoire : Poursuivre la convalescence », ICG invite Alassane Ouattara à prendre ses responsabilités face aux dérapages des FRCI. « Le président de la République, recommande le rapport, devra jouer un rôle plus actif et public dans le règlement des questions de sécurité.
Il devra notamment s’adresser à tous les combattants civils qui se sont battus pour faire respecter son droit légitime à exercer ses fonctions actuelles ». ICG craint en effet que la réforme de l’armée promise par le chef de l’État soit « mal partie » du fait de la trop grande implication de Guillaume Soro, premier ministre et patron des ex-Forces armées des Forces nouvelles (FAFN, ex-rébellion) qualifié de « juge et partie ».
Ex-comzones autoritaires
Pour ICG, les maux qui minent les FRCI nécessitent des réponses urgentes. Et l’un de ces maux est l’indiscipline liée à l’autorité débordante des ex-comzones (commandants de zone des FAFN). « La hiérarchie militaire n’est pas toujours respectée au sein d’un appareil de sécurité qui est traversé par plusieurs chaines de commandement, note le rapport. Les hommes issus des FN gardent l’ascendant sur les éléments issus des anciennes forces régulières. Les chefs militaires de la rébellion, dont certains ont été élevés à de hauts grades, ont gardé autour d’eux leurs hommes les plus fidèles et les plus aguerris. Ces derniers n’ont toujours pas été ventilés dans d’autres unités des FRCI et constituent des entités autonomes qui se soustraient à la hiérarchie classique ». Conséquences, entre autres : « Les hommes qui sont attachés au service des anciens commandants de zone refusent fréquemment de saluer ou d’obéir aux ordres de hauts gradés, qui appartenaient aux FDS (Forces de défense et de sécurité, NDLR) avant la crise postélectorale ».
Le rapport de 21 pages pointe du doigt un commandant de zone particulier : Ouattara Issiaka, alias Watao. « Beaucoup moins nombreux, d’autres éléments des FRCI se livrent à des activités délictueuses à plus grande échelle, dans un cadre plus structurel contrôlé par d’anciens chefs militaires des FN qui tentent de perpétuer le système mafieux qui a fait leur fortune en zone CNO (Centre-Nord-Ouest, zones ex-assiégées, NDLR). Issiaka Ouattara, alias Wattao, et ses hommes sont considérés comme les principaux responsables de ce brigandage ». L’ONG tient cependant à préciser que cet ex- « comzone », promu au grade de commandant adjoint de la garde républicaine par Ouattara, « rejette ces accusations ».
Criminalisation de l'armée
D’autres ex-« comzones » non nommément cités sont épinglés par le rapport. En effet, ICG révèle que « les dizaines de millions de francs CFA que certains ex-« comzones » continuent de gagner mensuellement leur permettent d’entretenir des milices personnelles et de résister aux pressions du gouvernement afin qu’ils rentrent dans le rang. Ainsi dans la capitale économique, des sociétés étrangères sont soumises au racket d’éléments se réclamant des FRCI. Des particuliers sont obligés de payer pour la protection de leurs magasins ou de leurs domiciles. Ce racket s’effectue souvent avec un alibi politique : ses auteurs mettent en avant l’appartenance de leur victime au camp de Laurent Gbagbo pour justifier leurs agissements ».
De façon générale, le rapport fustige la criminalisation de l’armée ivoirienne ou de ce qui s’apparente à l’armée ivoirienne. « Une masse d’hommes armés gravite toujours autour des FRCI sans que personne ne sache s’ils en font ou non partie, souligne ICG. L’intégration de 9 000 membres des FN, prévue par l’Accord politique de Ouagadougou (APO), n’a pas encore eu lieu, et il est donc très difficile de savoir qui, parmi eux, appartient ou non à la nouvelle armée. A cela s’ajoute une grande inconnue : celle du nombre et de l’identité des « volontaires » et autres combattants civils « associés au conflit » qui ont rejoint les FRCI pendant ou juste après l’offensive des mois de mars et avril 2011. Leur nombre reste très flou.
Toujours armés, ils sont au centre du problème de la criminalisation des forces de sécurité ou des éléments qui leur sont apparentés. Une grande majorité de ces volontaires ne reçoit aucune rémunération et s’adonne à un banditisme de survie ». Un banditisme qui inclut des trafics de sorte que « les vols de voitures sont toujours nombreux à Abidjan. Une partie de ces vols alimente un trafic international de véhicules de luxe qui a pour relais principal la ville de Bouaké et passe ensuite par le Mali et le Burkina Faso. »
ICG conclue que « les autorités ivoiriennes auraient tort de penser que la longue crise politico-militaire est désormais terminée. Sans une traduction en actes des messages appréciables de réconciliation, sans une opposition politique représentée dans les institutions, sans une justice digne de ce nom et un appareil de sécurité au service de tous les citoyens, les mêmes causes produiront à terme les mêmes effets ».
 
Jeunes afrique