vendredi 28 octobre 2011

Tunisie : Ennahda devient la première force politique du pays (Le Monde 28/10/2011)

Le parti Ennahda a remporté les élections en Tunisie avec 41,70 % des voix et obtient 90 sièges sur les 217 sièges de la future Assemblée constituante, selon les résultats définitifs publiés, jeudi 27 octobre, par l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE). Les islamistes, qui avaient déjà revendiqué la victoire, deviennent de loin la première formation politique du pays. Ils sont suivis du Congrès pour la république (CPR) de Moncef Marzouki (13,82 % des voix), qui obtient 30 sièges. En troisième position, le parti de gauche Ettakatol (9,68 %) obtient 21 sièges.

La surprise vient des listes Al-Aridah Chaabia, conduites par l'homme d'affaires Hechmi Haamdi, avec 8,19 % des voix et 19 sièges à l'Assemblée. L'ISIE a pourtant invalidé les listes d'Al-Aridah dans six circonscriptions, à Sidi Bouzid, Tatatouine, Sfax, Kasserine, Jendoub et dans la circonscription France-2. Les autorités électorales évoquent notamment "des irrégularités de financement". L'annonce des invalidations a provoqué des heurts dans la ville de Sidi Bouzid, où est né le soulèvement qui a renversé l'ancien président Ben Ali.

Viennent ensuite le Parti démocrate progressiste (PDP) – 7,86 % des voix et 17 sièges – la coalition de gauche du Pôle démocratique moderniste (PDM) – 5 sièges – et l'Initiative, parti dirigé par Kamel Morjane, ex-ministre de Ben Ali, avec 5 sièges.

LE TEMPS DES ALLIANCES

Les résultats définitifs ont tardé à être publiés, et les autorités tunisiennes peuvent désormais s'atteler à la formation du nouveau gouvernement. L'Assemblée constituante sera chargée de former ce nouveau gouvernement et de rédiger la nouvelle Constitution, avant des élections législatives et présidentielle qui devraient intervenir dans un délai d'un an environ.

Avant même la publication des résultats définitifs, Ennahda, qui revendiquait la victoire, avait tendu la main aux partis laïques de centre-gauche qui, selon les estimations, arrivaient derrière lui. Moncef Marzouki du CPR a indiqué cette semaine qu'il était prêt à participer à "un gouvernement de coalition le plus large, dès que possible". Le chef d'Ettakatol, Mustapha Ben Jaafar, a également confirmé l'ouverture de discussions avec les islamistes d'Ennahda.

Les discussions portent notamment sur la désignation du prochain président de la République provisoire, étant entendu qu'Ennahda revendique depuis le début le poste de chef de gouvernement pour leur numéro deux, Hamadi Jebali.

"CONSENSUS"

M. Jebali avait en revanche exclu toute alliance avec Hachmi Hamdi, homme surprise du scrutin. Ennahda lui reproche notamment d'être soutenu par des nostalgiques du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), le parti de Ben Ali. Sa chaîne basée à Londre, Al-Mostakilla, est accusée d'avoir adopté ces dernières années une ligne éditoriale favorable à l'ancien autocrate.

Pour dissiper la vive appréhension que suscite sa prochaine accession au pouvoir, Ennahda multiplie les déclarations selon lesquelles la future Constitution ne pourra voir le jour "sans un consensus avec les partis et les partenaires qui y sont représentés". Il n'est pas question, pa martelé Hamadi Jebali, d'"imposer une Constitution (...) qui abroge certaines libertés comme la liberté de croyance, les libertés individuelles, la situation juridique de la femme et sa place dans la société", un des acquis de l'indépendance tunisienne.
 
LeMonde.fr

mercredi 26 octobre 2011

Miss Cap-Vert privée de concours Miss Monde faute de visa

Autant le dire d'emblée : je ne suis pas une fanatique des concours de beauté (je ne pourrais pas gagner). Par contre je suis obsédée par ce concept flou (pour ne pas dire abstrait) qu'on nomme « justice ».

Miss Cap-Vert (MissWorld.com)
En gros, voici les faits : à en croire les journaux capverdiens, le concours de Miss Monde aura lieu le 1er novembre à Londres et se déroulera sans la présence de Miss Cap-Vert... qui n'a pas de visa pour l'Europe.
L'obtention du précieux petit timbre n'est pas chose simple pour qui est né en Afrique...

Ghana puis Londres ? Trop cher

Par exemple, dans ce cas précis, l'organisation qui s'occupe de l'élection de miss Cap-Vert aurait dû, outre le financement du voyage et du séjour à Londres de la candidate, trouver préalablement de quoi lui payer un vol pour le Ghana (lieu où se trouve la plus proche ambassade d'Angleterre) et l'argent nécessaire pour qu'elle y séjourne quinze jours, le délai minimum pour l'obtention d'un visa. Une vrai petite fortune à dépenser en plus de ce que dépensent les candidates en provenance des autres continents !
Peu importe de savoir si mademoiselle Tirzah Evora aurait pu, ou non, gagner : elle était en droit de participer à cette compétition au même titre que toutes les autres gagnantes. Sinon, ce n'est plus « Miss Monde » mais « Miss Premier Monde » ou « Miss Pays Riches ».
A travers cette exclusion, ce petit coup de tampon que l'on s'ingénie à rendre si cher, c'est tout un peuple qui se sent humilié et rejeté car, si l'exemple de ce concours de beauté est d'actualité, il en existe de nombreux autres (compétitions sportives, rencontres internationales...) dont les Capverdiens sont exclus faute de visas !

Avant elle, un champion de Kitesurf

Ce n'est pas Mitu Monteiro qui me contredira : ce champion du monde de kitesurf avait bien failli rater les compétitions d'Australie, en 2010, ce qui aurait été bien dommage puisque c'est là qu'il s'est classé premier dans la Red Bull Kite Cross.
Ici tout le monde ne s'appelle pas Cesaria, c'est vrai, mais on parle de gens avec des rêves et des projets qui sont en droit d'espérer que l'on respecte leur dignité. Entrouvrir la porte à une seconde mademoiselle Evora serait déjà un premier pas.
Certains penseront « voilà beaucoup de mots pour un sujet futile » mais de futilité en futilité c'est beaucoup de mépris dont font preuve certains pays qui s'estiment supérieurs. De quoi ? Vous dites ? « Les hommes naissent libres et égaux en droits. » Z'êtes sûrs ? Ah bon.... peut être, mais certainement pas les peuples !

Commerce international : le Canada mise-t-il suffisamment sur l’Afrique ?

Serge TchahaSerge Tchaha - Le 14 octobre dernier, à l’hôtel Holiday Inn Sélect de Montréal, s’est déroulée la 6ème Tribune interactive, placée sous le thème « Programmes financiers, avantages fiscaux, et immigration sont-ils vraiment un soutien à la croissance économique? ». Cette activité était organisée par l’Association des Maisons de Commerce Extérieur du Québec (AMCEQ) et le Carrefour des Communautés du Québec en collaboration (CCQ) avec les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ)

L’évènement, qui rassemblait plus d’une centaine de personnes, a réuni un parterre de conférenciers de haut vol notamment Christian Martin, Président de l’AMCEQ; Duarte da Ponte Miranda, VP à la retraite, commerce international Banque Royale du Canada; Riccardo Magini, 1er VP, Services aux particuliers et immigrants investisseurs, Banque Laurentienne;  et Steve Gauthier, VP, Développement corporatif Centre financier international de Montréal.
Les nombreux débats soulevés lors des différents ateliers commandent de réfléchir à la place qu’accorde le Canada à l’Afrique dans sa volonté d’occuper une plus grande place dans les chaînes de valeur mondiales.
La stratégie commerciale mondiale du Canada…
Le Canada a adopté en 2009 une nouvelle stratégie commerciale mondiale. Celle-ci a été baptisée : « Saisir les avantages globaux – La stratégie commerciale mondiale pour assurer la croissance et la prospérité du Canada ».
Les principaux objectifs de cette stratégie sont les suivants :
  • Stimuler la participation des entreprises canadiennes aux chaînes de valeur mondiales;
  • Obtenir des conditions d’accès concurrentielles aux marchés et aux réseaux mondiaux pour les entreprises canadiennes;
  • Accroître l’investissement étranger direct au Canada et l’investissement direct du Canada à l’étranger;
  • Tisser des liens plus étroits entre les milieux scientifiques et technologiques du Canada et les réseaux d’innovation internationaux.
Il y a, par ailleurs, deux chiffres-clés qui montrent combien le Canada est un joueur majeur du commerce international. Les exportations des marchandises et services canadiens se sont élevés à 557.9 milliards $ en 2008 et les importations s’établissaient à 533.3 milliards $. Afin de mesurer l’impact de ce chiffre, il faut se souvenir que selon McKinsey, en 2008, l’Afrique a généré un PIB de 1 600 milliards $.
… fait-elle suffisamment de place à l’Afrique?
Le même document nous explique que ce pays identifie comme prioritaires les 13 marchés suivants :
  • Americas : Brésil, Amérique latine et Caraïbes, Mexique et États-Unis;

  • Asie Pacifique : Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), Australie et Nouvelle-Zélande, Chine, Inde, Japon et Corée;

  • Europe et le Moyen-Orient : Europe, Russie et Conseil de coopération du Golfe (CCG).
L’on constate ainsi à première vue que le continent noir n’est pas tout à fait au cœur des priorités, pour le moment, du Canada.

Oui mais…
Mais la vérité des faits est plus nuancée. En effet, le 11 octobre dernier, le Canada a engagé la première ronde de négociations avec le Maroc dans la perspective d’établir avec celui-ci un Accord de Libre Échange. Ce serait une première entre le Canada et un pays africain.
En plus, le Canada négocie présentement avec plusieurs pays africains des accords sur la promotion et la protection des investissements étrangers. Il s’agit du Ghana, du Mali, de la Tanzanie et de la Tunisie. Le Gouvernement canadien précise par ailleurs qu’il a récemment conclu une entente avec Madagascar.
Par ailleurs, Canada et Afrique sont souvent évoqués quand l’on parle des mines. Et cela, à juste titre. En effet, l’Afrique est un coffre-fort planétaire de matières premières et le pays à la feuille d’érable a une expertise dans le domaine des mines qualifiée de world class.
… Cependant, il peut en faire plus Ce pays regorge d’autres atouts qui susciteraient le plus vif intérêt des Africains. Deux exemples fort illustratifs : hydroélectricité et foresterie.
Le Canada, bordé par 3 océans et comptant l’une des premières réserves d’eau douce du monde, maîtrise superbement la production d’électricité par l’eau. Il est clair que des affaires avec des pays comme la RDC serait possible.
Monsieur AL WARD, Président du CA de FPInnovations, dans le magazine Opérations forestières et de scieries, écrit ceci : « l’industrie forestière canadienne demeure un acteur de premier plan dans l’économie canadienne. Elle compte à elle seule pour 12% du produit domestique brut manufacturier et emploie plus de 235 000 personnes dans près de 200 communautés d’un bout à l’autre du pays. ». Les pays de la COMIFAC ne pourraient-ils pas bénéficier de ce savoir-faire? Et les Canadiens n’y voient-ils pas des parts de marché potentiels? Alors que l’on sait par exemple qu’un pays comme le Cameroun désire passer vers les 2ème et 3ème transformations de son bois?
Finalement, du haut de son bilinguisme qui lui ouvre la porte à des dizaines de marchés africains, fort de son image dans le monde et en Afrique – absence de passé colonial notamment – riche de vieilles relations avec l’Afrique, le Canada peut et doit en faire plus en Afrique s’il ne veut pas se faire marginaliser par les BRICs. Car ces derniers y vont à tout va. Il faudrait déjà, peut-être un Forum Canada-Afrique et assurément moins de fermetures d’ambassades canadiennes sur les terres de MTN et Dangote.
Serge TCHAHA

La diaspora tunisienne lève la voix

Les Tunisiens de France se sont déplacés en masse pour l'élection de l'Assemblée constituante. Mais comment ont-ils fait pour s'y retrouver parmi les dizaines de partis en lice?
A Paris, les Tunisiens ont le doigt tout bleu! Ils sont très nombreux à avoir trempé leur index dans de l'encre en guise de preuve de leur vote, lors du dernier jour du scrutin de la diaspora tunisienne en France. Un scrutin qui doit permettre de désigner une Assemblée constituante. il s'agit de la première élection depuis la chute de Ben Ali. La première élection tout court pour certains, très jeunes, ou d’autres qui n’ont jamais participé à la « mascarade » que représentaient pour eux les élections sous l'ancien régime.
Le taux de participation de la diaspora est de 40%, selonl’Instance supérieure pour les élections (Isie) de Tunisie. Un taux « très élevé comparativement au vote de la diaspora qui se situe généralement autour de 10% », a déclaré Kamel Jendoubi, président de l’Isie.
Au Consulat général de Tunisie, c’est l’effervescence. Dans la file d’attente qui ne désemplit pas, les quelques centaines d’électeurs présents restent enthousiastes, malgré le froid glacial qui fouette leur visage. Toutes les générations sont représentées. Chacun donne volontiers son avis. Seule une dame assez âgée qui discute avec ses amies semble quelque peu réticente à l’idée de dire ce qu’elle pense ouvertement. Elle ne veut pas donner son prénom, non plus. Elle craint pour sa réputation: « J’ai encore de la famille en Tunisie, je ne veux pas de problème », bredouille-t-elle. Des vieux réflexes, probablement.
Les Tunisiens, venus par centaines, au Consulat général de Tunisie. Paris, 22 octobre. © Fanny Roux

Le « tout sauf Ennahdha »

Elle est un peu perdue: « Je ne connais personne », avoue-t-elle, en parlant des partis en lice. Voir clair dans un scrutin qui enregistre 117 partis en tout relève du défi. Ici, dans la première circonscription de France, les Tunisiens ont un peu moins le choix. Mais ils doivent tout de même cocher une case parmi les 49 listes proposées. Comment ont-ils fait pour s’y retrouver? Quels critères ont guidé leur choix?
« Je pense que l’on veut tous la même chose, une vraie démocratie », explique Hafed, agent de sécurité à la RATP.
Sur ce point, après 23 ans de dictature, tous les partis sont d’accord. En écoutant ces citoyens, on se rend compte que le débat politique se cristallise sur deux grandes questions qui déterminent leur choix. La première, c’est la place du parti islamiste Ennahdha, qui a le vent en poupe, si l’on en croit les sondages. Pour Mohammed, la quarantaine, l’important, c’est le « respect » de sa religion. Il votera donc pour « un parti politique qui va ancrer l'islam en tant que religion officielle de la République tunisienne ». Alors qu'Hafed a choisi un parti qui prône « la liberté du culte, comme la liberté de ne pas pratiquer », en opposition à Ennahda, qui veut instaurer un islam politique en Tunisie. Selon Marouan, le parti islamiste a réussi a transformé le débat politique en débat religieux, pour ou contre l’islam: 
« Ils ont réussi à tout réduire à la question simpliste "est-on musulman ou pas?".» Pour lui, c'est une supercherie, car les sujets socio-économiques ont été mis sur la touche.
Comme Marouan, beaucoup de gens ont cherché à voter pour le parti qui pourrait battre Ennahdha. Beaucoup mettent leur espoir dans la coalition progressiste, «le Pôle démocratique moderniste» (PDM). Toute la famille Sdiri a fait le choix pragmatique du «tout sauf Ennahda». L’une des deux filles, Nadia, explique sa démarche:
«J'ai demandé à mes amis sur place de prendre la température. Je leur ai posé une question simple: quel parti est assez fort pour battre Ennahdha? C'est mon premier critère de sélection, parce que moi je ne veux pas d'une Tunisie islamiste. Pays musulman, je suis d'accord. Mais je suis pour la liberté de culte, et je ne veux pas que la femme soit réduite à rester au foyer, même si elle touche un salaire.»
Ses parents et sa sœur acquiescent. Ils sont venu voter pour la première fois, tous ensemble, avec le même espoir.
Cette élection est déjà une fête démocratique pour la famille Sdiri, 22 octobre, Paris. © Fanny Roux

Rupture ou continuité

La nouveauté ou non des formations politiques apparaît comme une seconde ligne de clivage important entre les partis. Ali est jeune, il fait plus confiance aux partis nés de la révolution, pour rompre avec l’ancien système:
«Pour choisir un parti, je me suis dit: est-ce qu'il était là avant, pendant l'ancien régime? Je ne peux pas voter pour quelqu'un qui a travaillé avec Ben Ali, il n'en est pas question. Je choisis plutôt les technocrates qui peuvent aider le pays intellectuellement, et avec leur expérience économique et sociale.»
Pour Nadia. A, il faudra du temps pour que le système tombe totalement. En attendant, la jeune femme pense que l’on a besoin de formations politiques solides:
«Je recherche un parti constitué de personnes qui ont de l'expérience en politique. Il y a énormément de partis qui ont vu le jour, mais sans formation derrière. Ils ne sont pas viables et n’ont pas assez de recul pour pouvoir proposer aux Tunisiens une constitution.»
Beaucoup font ce choix de la continuité en se référant aux partis qu’ils connaissaient déjà. En tant qu’opposant réprimé de l’ère Ben Ali, Ennahdha a pu ainsi servir de repère. Pour Mohammed, c’est de cette façon que les gens s’y retrouvent parmi tous les candidats:
«Une opposition existe, même si elle n'était pas trop présente sous Ben Ali, parce que les partis étaient poussés à l'exil. On les connaît tous, leurs opinions et leurs courants politiques. Aujourd’hui, les Tunisiens savent à qui donner leur voix.»

Une jeune génération informée

Face une génération qui se réfère à des partis qu’elle connait déjà, se développe une jeunesse qui s’informe, échange et communique. Ali brasse des informations sur Internet. Il s'est rendu à des conférences de plusieurs partis pour connaître leur programme économique et social, et leurs solutions contre le chômage:
«On parle entre nous aussi. On se dit: que va faire tel ou tel parti? Comment vas-tu choisir? On ne peut pas tous les connaître. Mais il y en a huit ou dix qui sont plus connus que les autres», explique-t-il très enthousiaste.
Cette jeunesse s’engage, même si elle est à quelques milliers de kilomètres de Tunis. Nadia A. fait partie de l'association Uni'T, Union pour les Tunisiens, qui a participé à l'effort d'information, en interrogeant les dirigeants des principaux partis afin d’en faire des vidéos d'une minute postées sur Internet. Le badge autour du cou, elle veille au bon déroulement du scrutin en guidant les gens vers le bon bureau de vote. Elle se réjouit de l’implication des jeunes:
«beaucoup de jeunes bénévoles se sont mobilisés pour venir aider ce matin. Cela montre déjà un changement.»
Et pas un d’entre eux n’omet de citer l’importance des réseaux sociaux, dans la quête, mais aussi dans le partage de l’information.
«J’ai beaucoup utilisé Twitter et Facebook. Je regardais des vidéos de gens sur place sur Youtube, pour voir leurs revendications», affirme Leila Sdiri.
Ali explique qu’il a été mis au courant des conférences et meeting à Paris, grâce aux invitations Facebook lancées par les différents partis.

Tous ne sont pas optimistes quant à l’issue du scrutin. Mais tous sont fiers et heureux de pouvoir s’exprimer librement et ont apparemment réussi à faire un choix. Ces Tunisiens de France donnent l’image d’une génération dynamique qui se saisit de son droit de vote parce qu’elle croit à nouveau en la possibilité d’une démocratie. La plupart d’entre eux n’ont pas fait la révolution sur place, ce que leurs compatriotes peuvent parfois leur reprocher. Mais nombreux sont ceux qui, à l’image de ce jeune artiste qui a recueilli sur des toiles les dédicaces des électeurs de Paris à ceux de Tunisie, leur envoient de chaleureux messages d’espoir.
Fanny Roux

lundi 24 octobre 2011

Côte d'Ivoire: arrivée à Abidjan de Bert Koenders, nouveau chef de l'Onuci










Le nouveau représentant du secrétaire général de l’ONU et chef des casques bleus de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) arrive à Abidjan ce lundi 24 octobre 2011. Le Néerlandais Albert Gerard Koenders avait été nommé au mois de juillet, en remplacement du Sud-Coréen Choi Young-jin.

Pour ne pas se perdre dans le labyrinthe de la politique ivoirienne, un des atouts d’Albert Gerard Koenders est d'être passionné par la gestion des conflits. Ce Néerlandais est connu dans son pays pour être droit et pragmatique. Mais en cas de difficultés majeures, le franc-parler qu’on lui prête pourrait le desservir dans sa mission, même si le nouveau patron de l’Onuci a plus de 25 ans d’expérience dans les affaires internationales.
Albert Gerard Koenders était encore récemment aux Pays-Bas, de 2007 à 2010, ministre de la Coopération pour le développement. Il avait ainsi réduit ou conditionné l’aide budgétaire à des pays comme le Burkina Faso, le Bénin et le Sénégal, pour leurs lacunes dans la lutte contre la corruption.
A la tête de l’Onuci, le rôle d’Albert Koenders est d’accompagner la Côte d’Ivoire dans sa quête de sécurité et de stabilité. Abidjan est sa première affectation sur le terrain. Il hérite, à 53 ans, d’un poste délicat, mais il devrait être moins difficile pour lui, comparé à son prédécesseur.
D’ici quelques semaines, Koenders doit aider la Côte d’Ivoire à assurer la sécurité lors des législatives du 11 décembre. Et il doit en certifier les résultats avant la fin de l’année, alors que le Sud-Coréen Choi Young-jin a eu pendant quatre ans la lourde tâche d’accompagner le processus qui a abouti à la présidentielle d’octobre-novembre l’année dernière. Présidentielle suivie d’une crise violente qui aura duré plus de quatre mois.

Procès de la banqueroute de la Banque congolaise en RDC: des personnalités appelées à la barre

 

 

 

 

 

 

 

En RDC, plusieurs personnalités congolaises, parmi lesquelles des politiques, sont appelées à comparaître ce lundi 24 octobre 2011 devant le tribunal de grande instance de la Gombe pour l’affaire de la banqueroute de la Banque congolaise. Jean-Claude Masangu (gouverneur de la Banque centrale), Pierre Lumbi (conseiller spécial du chef de l'Etat en matière de sécurité) ainsi que d'autres responsables, ont été cités par  Roger Yaghi. L'homme d'affaires d'origine libanaise est le seul prévenu de ce procès qui se déroule au centre hospitalier Nganda. Vendredi 21 octobre, lors de la première audience, le ministère public a été malmené par les avocats de la défense.

Avec notre correspondant à Kinshasa
Le gouverneur de la Banque centrale Jean-Claude Masangu, le conseiller spécial en matière de sécurité Pierre Lumbi, l’ancien ministre des Finances Athanase Matenda, ainsi qu’un ancien et l’actuel directeur de cabinet du chef de l’Etat, figurent parmi les témoins dans l’affaire de la Banque congolaise. Ils devront comparaître ce lundi 24 octobre devant le tribunal de grande instance de la Gombe.
C’est le prévenu Alfred Roger Yaghi qui les a cités. Chacune des personnalités concernées disposerait d’importantes informations pour expliquer la banqueroute, fin 2010, de la Banque congolaise.
La Banque congolaise avait été placée sous tutelle de la Banque centrale fin 2010, ce qui avait entraîné la suspension du président du conseil d’administration de cette institution, Roger Yaghi.
A la première audience, vendredi dernier, l’homme d’affaires d’origine libanaise a plaidé non coupable, se disant victime d’un complot destiné à faire main basse sur la Banque congolaise. L’accusé est malade. Le tribunal lui a refusé la liberté provisoire, et c’est sur une chaise roulante qu’il comparaît dans ce procès qui se déroule dans un hôpital.


tags: Joseph Kabila - RDC

lundi 26 septembre 2011

Accord de coopération entre le Congo et le Bénin sur la traite des enfants

Près de 2 000 enfants béninois seraient exploités et maltraités au Congo-Brazzaville. La semaine dernière, un accord a été signé à Pointe-Noire par les gouvernements du Congo et du Bénin, pour tenter de mettre fin à ce phénomène. Cet accord prévoit notamment des peines d'emprisonnement pour les auteurs de cette traite.




Emmenés au Congo-Brazzaville par des tuteurs qui leur promettent tout, ces enfants, une fois dans le pays d’accueil, sont privés de tous leurs droits, notamment le droit à l’éducation. Marceline Doubondo du Mouvement pour la paix, la solidarité et le développement, témoigne de cette situation : « La première des choses : les conditions dans lesquelles ces enfants passent les nuits. D’abord ils sont privés de leur sommeil. Pour une petite erreur, l’enfant est privé de nourriture ! Il peut passer deux jours sans manger. C’est comme si… Plus qu’un animal ! Ces enfants mangent mal, ils ne vont pas à l’école !...»
Le phénomène de traite dont ils sont victimes a commencé à prendre de l’ampleur en 2006. Estimés à 1 800, ces enfants âgés de 11 à 18 ans, sont parfois récupérés par des associations, comme l’explique Rémy-Vincent Paraiso, de l’ONG Alto. « Depuis 2006 on doit être actuellement à 217 enfants réinsérés localement, rapatriés et intégrés,  tout confondu ».
Convaincu qu’une action concertée peut endiguer le fléau, les gouvernements congolais et béninois viennent de conclure à Pointe-Noire un accord de coopération bilatéral, qui prévoit notamment des peines d’emprisonnement des auteurs de cette traite.